Prématurité (< 37 SA)
Mis à jour le
ces nouveau-nés prématurés restent à haut risque de retard neurodéveloppemental, ce qui justifie la mise en place d’un dépistage adapté
En bref
- Attesté par : 1 document (HAS) — niveau de preuve : Avis d'experts
Cadre clinique
La prématurité désigne la naissance d'un nouveau-né vivant avant 37 semaines d'aménorrhée (SA). Elle se subdivise en plusieurs catégories : la prématurité extrême (<28 SA), la grande prématurité (28 à <32 SA), la prématurité modérée (32 à <34 SA) et la prématurité tardive (34 à <37 SA). La gestation est enregistrée en semaines complètes, sans arrondi. Par exemple, un enfant né à 32 semaines et quatre jours est défini comme ayant 32 semaines [1].
Les enfants nés prématurément présentent un risque accru de troubles du neurodéveloppement. Une naissance prématurée incite à étendre la période de suivi en incluant les enfants nés avant 37 SA, notamment ceux nés entre 34 et 37 SA [4]. Les troubles de l’attachement chez l’enfant prématuré sont également un sujet de préoccupation, car la théorie de l’attachement postule la place centrale du besoin d’échange et de relations affectives du nouveau-né vis-à-vis de ses figures parentales [4].
Repères épidémiologiques
En France, le taux de prématurité est estimé à 7,5 % pour l’ensemble des naissances vivantes, soit plus de 58 000 naissances par an. Ce taux varie selon les régions, atteignant 11,9 % dans les départements et régions d’outre-mer. En métropole, les régions Grand-Est et Hauts-de-France ont les taux les plus élevés, respectivement 9 % et 9,4 %. Le taux de prématurité concerne quasiment un enfant sur deux en cas de grossesse gémellaire (47,5 %) [1].
Selon le rapport sur l’état de santé de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) en 2014, 7,2 % des nouveau-nés étaient nés prématurément (<37 SA) et se répartissaient ainsi :
- 6,2 % de prématurité moyenne (modérée et tardive) ;
- 0,7 % de grande prématurité ;
- 0,3 % de prématurité extrême [1].
Diagnostic et évaluation
Le dépistage des troubles du neurodéveloppement chez les enfants nés prématurément repose sur la détection de retards de développement. Certaines populations de nouveau-nés, comme les prématurés, sont considérées comme vulnérables et présentent un risque supérieur à celui de la population générale d’être atteints d’un trouble du neurodéveloppement [6].
Les examens obligatoires du carnet de santé sont des outils d’alerte permettant le repérage de troubles du neurodéveloppement et l’orientation vers des professionnels compétents. Le suivi des populations à risque, comme les anciens prématurés, doit être poursuivi au-delà des examens obligatoires, c’est-à-dire au-delà de 6 ans [7].
Interventions recommandées
Le suivi des enfants nés prématurément est essentiel pour améliorer leur devenir. Les soins de développement centrés sur l’enfant et sa famille, comme l’allaitement et le peau à peau, ne doivent pas être remis en cause. La participation des parents permet d’améliorer le devenir des nouveaux-nés prématurés et est essentielle pour le développement neurologique et relationnel des enfants [10].
Les enfants nés grands prématurés dont les parents avaient répondu étaient tous scolarisés à l’âge de 8 ans : 95 % en classe ordinaire, 5 % en classe spécialisée ou en institution contre respectivement 99 % et 1 % chez les enfants à terme [3].
Cadre légal et droits
Les sources disponibles ne précisent pas les aspects légaux et les droits spécifiques aux enfants nés prématurément.
Sources mobilisées (6)
- [1] HAS TND Argumentaire 2020 — HAS (2020) 📄 (4 extraits)
- [2] HAS TND 2020 — fiche outil 1re ligne — HAS (2020) 📄 (2 extraits)
- [3] INSERM DI 2016 — INSERM (2016) 📄 (2 extraits)
- [4] src-cnsa-doc — CNSA 📄 (2 extraits)
- [5] AgirTot — Handicap Agir Tôt (2020) 📄 (1 extrait)
- [6] Glossa — Revue Glossa (UNADREO) (2023) 📄 (1 extrait)