Infection néonatale (sepsis néonatal)
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Le lien entre la survenue d’infections en période néonatale et le trouble du neurodéveloppement est clairement mis en évidence par plusieurs articles. L’infection est un facteur à part entière de TND
En bref
- Attesté par : 1 document (HAS) — niveau de preuve : Avis d'experts
Cadre clinique
Les infections néonatales, notamment les septicémies prouvées par hémoculture positive, constituent un facteur de risque avéré de troubles du neurodéveloppement. Une méta-analyse incluant 17 études et portant sur 15 331 enfants a démontré que le sepsis néonatal chez les enfants de très petit poids de naissance était corrélé à une augmentation du risque de déficiences neurodéveloppementales (OR : 2,09 ; IC95 % [1,65 ; 2,65]) [1]. Les principales atteintes identifiées incluent la paralysie cérébrale (OR : 2,09 ; IC95 % [1,78 ; 2,45]), la surdité (OR : 2,07 ; IC95 % [2,14 ; 3,41]) et un index de développement neuromoteur bas (OR : 1,55 ; IC95 % [1,25 ; 1,92]) [1].
Les infections néonatales peuvent être classées en deux types : les infections précoces, d'origine maternelle, et les infections tardives, acquises en post-natal. Les germes les plus fréquents dans les infections précoces sont le streptocoque du groupe B et l'E.Coli, tandis que les infections tardives sont souvent causées par des staphylocoques coagulase négative et aureus [2]. Les enfants ayant subi une infection néonatale précoce isolée ou une infection tardive isolée présentent un risque accru de paralysie cérébrale, avec un risque encore plus marqué en cas d'association des deux types d'infection [2].
Repères épidémiologiques
Les données épidémiologiques montrent que les infections néonatales, en particulier les méningites bactériennes, peuvent à elles seules être responsables de la survenue de troubles du neurodéveloppement. Une récente revue de la littérature indique que 32 % (IC95 % [25 ; 38]) des enfants survivant à une méningite à streptocoque du groupe B présentent une déficience neurodéveloppementale à 18 mois de suivi [2]. De plus, dans une cohorte de patients comprenant différentes méningites bactériennes sur 20 ans, 26 % des enfants avaient une incapacité grave et 15 % des troubles d'apprentissage isolés à l'âge scolaire [2].
Diagnostic et évaluation
Le repérage des enfants à risque de troubles du neurodéveloppement doit être effectué dès la période néonatale, notamment en cas d'infection congénitale symptomatique ou de sepsis pendant la période néonatale précoce [4]. Les facteurs de risque de troubles du neurodéveloppement sont stratifiés en haut risque et risque modéré en fonction de leur prévalence attendue par rapport à la population générale. Les infections congénitales symptomatiques à cytomégalovirus, les méningo-encéphalites bactériennes et virales herpétiques, ainsi que les méningoencéphalites à entérovirus sont considérés comme des facteurs de haut risque [5].
L'identification du ou des facteurs de risque doit être faite au mieux en période prénatale ou périnatale. L'identification d'un facteur de risque de troubles du neurodéveloppement dans la période 0-7 ans justifie la mise en place d'un suivi neurodéveloppemental organisé [7]. Les parents doivent être informés précocement de la nécessité d'un suivi et de l'organisation de ce suivi dès la reconnaissance d'un risque de troubles du neurodéveloppement chez leur enfant [10].
Interventions recommandées
Les recommandations de bonne pratique clinique visent à harmoniser les pratiques de repérage et d'orientation des troubles du neurodéveloppement dans une population à risque entre 0 et 7 ans. Elles concernent tous les enfants présentant un risque de troubles du neurodéveloppement plus élevé que la population générale en raison d'un facteur bien identifié affectant la période périnatale [8]. Les interventions recommandées incluent :
- L'identification des signes d'appel et facteurs de risque des troubles du neurodéveloppement.
- Le repérage des troubles du neurodéveloppement à l'aide d'outils validés.
- La prise en charge de niveau 1 en lien avec les rééducateurs (kinésithérapeutes, orthophonistes, psychomotriciens, ergothérapeutes, orthoptistes) et, dans certains cas, les psychologues.
- L'orientation vers des structures de recours de niveau 2 (par exemple : CAMSP, CMP, centres de références, etc.) permettant de poser un diagnostic et de proposer une prise en charge de niveau 2 [4].
Cadre légal et droits
Les parents doivent être informés précocement de la nécessité d'un suivi et de l'organisation de ce suivi dès la reconnaissance d'un risque de troubles du neurodéveloppement chez leur enfant. L'annonce du résultat du repérage médical est une obligation déontologique et doit être effectuée en présence des deux parents, dans une consultation dédiée à l'annonce avec le médecin traitant et/ou le médecin référent [10]. L'information doit être claire, loyale, complète, et moduler le risque identifié de façon claire pour les parents. Elle doit être répétée à chaque consultation et harmonisée entre les différents professionnels en charge de l'enfant [10].
En cas d'anxiété des parents particulièrement élevée, il peut être proposé aux parents de rencontrer des associations de familles ou de consulter un psychologue formé en amont aux pathologies néonatales ou aux troubles du neurodéveloppement [10]. Il est rappelé l'importance d'un accompagnement des familles au domicile en cas de risque élevé ou de grande vulnérabilité [10].
Sources mobilisées (6)
- [1] HAS TND Argumentaire 2020 — HAS (2020) 📄 (4 extraits)
- [2] HAS TND 2020 — HAS (2020) 📄 (4 extraits)
- [3] HAS TDAH 2024 — HAS (2024) 📄 (1 extrait)
- [4] HAS TSA Enfant 2018 — HAS (2018) 📄 (1 extrait)
- [5] Livret Epilepsie-TND 2026 — Délégation interministérielle TND (2026) 📄 (1 extrait)
- [6] Maison de l’autisme — Délégation interministérielle TND 📄 (1 extrait)