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Traitements psychotropes

Mis à jour le

d’apporter à l’enfant ou adolescent autiste et à sa famille une information précise sur les règles hygiéno-diététiques à respecter dans le cadre de la prise de traitement psychotrope

En bref

Cadre clinique

Les traitements psychotropes chez les enfants et adolescents autistes sont encadrés par des recommandations strictes en raison de l'absence de traitement médicamenteux spécifique à l'autisme. Toute prescription doit être prudente, raisonnée et basée sur des données objectives permettant d'évaluer régulièrement le rapport bénéfice/risque pour chaque patient [3] [10]. Les psychotropes sont prescrits de manière exceptionnelle et temporaire, avec une évaluation régulière de l'indication tous les 6 mois ou plus tôt selon la durée préconisée par l'Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) [3] [11]. L'inefficacité ou l'intolérance doivent conduire à leur interruption [3] [11].

Repères épidémiologiques

Les enquêtes de pratiques montrent qu'une forte proportion d'enfants ou d'adolescents autistes reçoit des traitements psychotropes, bien que la plupart des molécules utilisées n’aient pas fait l’objet d’une demande d’AMM dans cette indication ou pour cette population [3] [10]. Cette situation souligne la nécessité d'une prescription rigoureuse et d'un suivi régulier.

Diagnostic et évaluation

Avant d'initier tout traitement psychotrope, il est recommandé de réaliser un bilan somatique complet incluant des examens paracliniques adaptés à l'état clinique de l'enfant ou de l'adolescent autiste et aux besoins de surveillance des traitements prescrits [6]. Les traitements doivent être initiés à faibles doses avec une augmentation progressive de leur posologie jusqu’à la dose efficace pour surveiller la tolérance et l’efficacité [6]. Une évaluation régulière, à chaque renouvellement de la prescription, de la réponse au traitement psychotrope est nécessaire, incluant la vérification de l’atteinte des objectifs thérapeutiques fixés, l’ajustement de la posologie si nécessaire, la surveillance de la tolérance clinique et paraclinique et des effets indésirables [6].

Interventions recommandées

Information et consentement

Il est recommandé d'informer de façon adaptée les enfants et adolescents autistes et leurs familles sur les objectifs du traitement médicamenteux, les risques d’effets indésirables et les règles hygiéno-diététiques à adopter pour réduire ces risques [2]. Le consentement des parents (responsables légaux ou tuteur le cas échéant) doit être recueilli, et il est important de rechercher le consentement éclairé des enfants et adolescents autistes [2]. Les parents doivent recevoir une information éclairée sur les bénéfices attendus et les risques possibles des différentes investigations, traitements ou actions de prévention [9].

Suivi et coordination

Une collaboration continue entre les enfants ou adolescents autistes, leurs familles et les professionnels qui les accompagnent est essentielle pour associer leur retour d’expérience et leur recueil de données objectives dans le suivi du traitement, notamment pour favoriser l’observance [2]. Les traitements doivent être adaptés en fonction du recueil des besoins et de l’avis des enfants et adolescents autistes et de leur famille [2]. Le suivi de l’efficacité et de la tolérance du traitement médicamenteux doit être systématisé dans le cadre de protocoles partagés avec l’ensemble des intervenants et les familles [2].

Prescription et suivi des psychotropes

Hors situations d'urgence, la prescription initiale des psychotropes doit être décidée par un médecin pédopsychiatre, psychiatre, pédiatre, neuropédiatre ou neurologue [3] [10]. Le médecin traitant doit être informé de la prescription et de ses modalités de renouvellement et de suivi [3] [10]. Il est recommandé de ne pas multiplier les prescriptions de psychotropes et de veiller à une coordination rigoureuse entre les divers médecins prescripteurs [6]. Les prescriptions anticipées de psychotropes doivent être évitées [6].

Cadre légal et droits

Les traitements médicamenteux, et de façon générale l’ensemble des traitements, examens et investigations médicales susceptibles d’être prescrits aux enfants et adolescents avec autisme doivent respecter les principes de recueil et de respect du consentement du patient prescrits par le Code de la santé publique [9]. Les parents peuvent s’opposer à la prescription de médicaments pour leur enfant, sous réserve que ce refus ne risque pas d’entraîner des conséquences graves pour sa santé [9]. L’admission d’un enfant/adolescent avec TED dans un établissement ne peut être conditionnée à la prise d’un traitement psychotrope [9].

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Sources mobilisées (3)