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Hyperacousie

Mis à jour le

Une résidente autiste est atteinte d'hyperacousie […]. Essai, après réunion en équipe, de lui proposer un casque anti-bruit

En bref

Cadre clinique

L'hyperacousie est une hypersensibilité auditive fréquente chez les enfants avec trouble du spectre de l'autisme (TSA), touchant environ 50 à 70 % d'entre eux. Elle se manifeste par une réactivité accrue à certains sons, liée à des particularités du traitement sensoriel central plutôt qu'à une atteinte auditive périphérique. Les enfants concernés peuvent se boucher les oreilles, faire des crises dans des environnements bruyants, ou sursauter facilement [6].

Cette hypersensibilité peut être déclenchée par divers types de sons : intensité (aigu, grave), caractère imprévisible (cloche, pétard, porte qui claque), ou bruit de fond continu (crèche, récréation, cantine, classe, supermarché) [3]. Elle peut également s'accompagner de manifestations opposées, comme une indifférence à l'appel du prénom ou une apparente indifférence aux conversations environnantes [3].

Repères épidémiologiques

L'hyperacousie est une comorbidité fréquente chez les personnes autistes, qui peuvent également présenter d'autres troubles tels que des problèmes de sommeil, de l'anxiété, de la dépression, des troubles de l'apprentissage, de l'attention, ou de l'hyperactivité. Des pathologies comme la trisomie 21, le syndrome de Rett, ou le syndrome de l'X fragile peuvent également être associées à l'autisme [11].

Diagnostic et évaluation

Le diagnostic de l'hyperacousie repose sur l'observation des réactions de l'enfant à différents stimuli sonores. Il est important de tenir un journal sensoriel pour identifier les situations et les lieux déclencheurs de cette hypersensibilité. Ce journal permet également de noter les progrès et les évolutions positives, ce qui est crucial pour adapter les stratégies d'intervention [3].

Interventions recommandées

Aménagements environnementaux

Les aménagements de l'environnement sont une priorité pour gérer l'hyperacousie. Ils peuvent prendre diverses formes, selon les situations et les lieux identifiés comme problématiques. Par exemple, à la maison, il est possible d'acheter des électroménagers silencieux ou de mettre des tampons sous les pieds des chaises pour réduire les bruits dérangeants [3].

À l'école, des aménagements spécifiques peuvent être mis en place, comme une position en avant dans la classe pour réduire les sons venant de l'arrière, ou la création d'un coin de lecture calme où l'enfant peut se réfugier. Il est également important de travailler avec les enseignants et l'Accompagnant d'Élèves en Situation de Handicap (AESH) pour repérer et adapter les situations entraînant une hyper-réactivité auditive [2].

Stratégies d'autorégulation

L'objectif est de donner à l'enfant un contrôle actif des mesures à prendre lorsqu'il est gêné par le bruit. Cela nécessite que l'enfant soit participatif et comprenne les enjeux de l'autorégulation. Des stratégies comme l'utilisation de casques antibruit ou de bouchons filtrants peuvent être utiles, mais leur utilisation doit être strictement ciblée pour éviter une privation sensorielle [7].

Interventions thérapeutiques

En cas de troubles praxiques, posturaux, toniques, ou gnosiques interférant avec les activités quotidiennes ou les apprentissages scolaires, la psychomotricité et l'ergothérapie peuvent être proposées. Ces interventions visent à favoriser le développement de la motricité et des praxies, ainsi qu'à proposer des aménagements de l'environnement pour éviter les sur-stimulations ou favoriser des stimulations suffisantes [4].

Pour les enfants/adolescents avec TSA, des filtres auditifs peuvent être proposés pour limiter les effets négatifs de l'hyperacousie sur la concentration. Cependant, les pratiques d'intégration auditive, comme la méthode Tomatis, ne sont pas recommandées en raison de leur absence de preuves d'efficacité [5].

Activités éducatives et thérapeutiques

Les activités physiques et sportives, les activités musicales, et les activités réalisées avec les animaux ne sont pas considérées comme thérapeutiques, mais elles peuvent participer à l'épanouissement personnel et social de certains enfants avec TSA, selon leurs centres d'intérêt et s'ils bénéficient d'un accompagnement spécifique [5].

Cadre légal et droits

Les aménagements spécifiques pour les enfants avec hyperacousie peuvent être inclus dans le projet personnalisé de l'enfant. Ce projet doit comporter des objectifs fonctionnels dans le domaine des émotions, en lien avec les objectifs fixés dans le domaine des interactions sociales [5].

Les sources disponibles ne précisent pas les droits spécifiques liés à l'hyperacousie dans le cadre légal français.

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Sources mobilisées (5)