Holoprosencéphalie
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Les formes les plus sévères sont associées à une malformation du développement cérébral sévère, l’holoprosencéphalie, qui peut être responsable d’un polyhandicap
En bref
- Attesté par : 1 document (INSERM) — niveau de preuve : Preuve établie
Holoprosencéphalie
En bref
ANALYSE Les autres causes acquises d’holoprosencéphalies les plus connues sont le diabète maternel et l’exposition à l’acide rétinoïque. Physiopathologie, étiologies et impact de la précocité de l’événement causal (HSV1, HSV2), au virus de la chorio-méningite lymphocytaire, au parvovirus B19, à la syphilis, etc. (Kumar et coll.,… ANALYSE malformation, une échographie à visée diagnostique par un échographiste référent est indiquée, couplée à un avis auprès d’un CPDPN.
INSERM Polyhandicap 2024 — INSERM (2024)
ANALYSE Les autres causes acquises d’holoprosencéphalies les plus connues sont le diabète maternel et l’exposition à l’acide rétinoïque. L’effet tératogène de l’acide rétinoïque associe des malformations du système nerveux, mais aussi cardiaques, des membres, etc. (Vorhees, 1994). Les autres drogues peuvent aussi avoir des effets délétères sur le neurodéveloppement. La plupart des études rapportent des troubles des apprentissages plus ou moins importants, voire une déficience intellectuelle. Mais la consommation de drogues est également associée à un risque plus important de malformation congénitale, en particulier d’anomalies de fermeture du tube neural, qui peuvent être la cause d’un polyhandicap acquis (Suarez et coll., 2008). Par ailleurs, les conséquences peuvent être indirectes. Par exemple, la consommation de cocaïne est associée à un risque de thrombose vasculaire chez le fœtus, qui peut entraîner des lésions cérébrales ischémiques responsables d’un polyhandicap (Hoyme et coll., 1990).
• Autres causes anténatales acquises Les causes des lésions ou de dysfonctionnement d’origine prénatale ne sont pas toutes élucidées, notamment dans le polyhandicap.
Causes périnatales
Encéphalopathies hypoxo-ischémiques
Dans les pays industrialisés, l’incidence des encéphalopathies hypoxo-ischémiques (EHI) est de l’ordre de 1/1 500 naissances, mais elle est bien plus importante dans les pays en voie de développement. Les formes les plus sévères 181
Polyhandicap — p.199-200
Physiopathologie, étiologies et impact de la précocité de l’événement causal
(HSV1, HSV2), au virus de la chorio-méningite lymphocytaire, au parvovirus B19, à la syphilis, etc. (Kumar et coll., 2022).
• Toxiques, médicamenteuses L’alcool est un tératogène induisant des troubles physiques et neurodéveloppementaux. Le syndrome d’alcoolisme fœtal (SAF) est un trouble courant mais encore sous-diagnostiqué associé à la consommation d’alcool par la mère pendant la grossesse. Les conséquences les plus sévères du SAF sont liées à l’impact de l’alcool sur le neurodéveloppement. Le SAF est associé à des troubles cognitifs et psychiques plus ou moins intenses (Mukherjee, 2019). Les formes les plus sévères sont associées à une malformation du développement cérébral sévère, l’holoprosencéphalie, qui peut être responsable d’un polyhandicap lorsqu’elle est de forme alobaire ou semi-lobaire (Malta et coll., 2023). — p.199
ANALYSE malformation, une échographie à visée diagnostique par un échographiste référent est indiquée, couplée à un avis auprès d’un CPDPN. En fonction du contexte, une ponction de liquide amniotique pourra être proposée, permettant des analyses virales (recherche de cytomégalovirus [CMV] en particulier) et génétiques. Alors que les analyses génétiques en prénatal ont longtemps été limitées aux analyses chromosomiques (caryotype et analyse chromosomique sur puce à ADN), les progrès techniques du séquençage pangénomique permettent maintenant de réaliser un séquençage d’exome en cours de grossesse (Lord et coll., 2019 ; Petrovski et coll., 2019 ; Tran Mau-Them et coll., 2023). Ainsi, un diagnostic génétique pourra être posé chez le fœtus au cours de la grossesse, permettant d’aider à l’information sur le pronostic fœtal. Le pronostic fœtal sera évalué en équipe pluridisciplinaire comprenant les sages-femmes, obstétriciens, radiologues, neuropédiatres et généticiens, en incluant les données d’imagerie et les données génétiques/virales. Pour certaines malformations cérébrales (holoprosencéphalie, anomalie étendue de la gyration par exemple) ou associations malformatives, le pronostic fœtal sera d’emblée établi comme sévère à l’imagerie avec forte probabilité d’un handicap voire de polyhandicap. Dans ces situations, le résultat des analyses génétiques aura peu d’impact sur le pronostic fœtal. L’intérêt des analyses génétiques sera alors celui de la compréhension de la cause et de l’enjeu de conseil génétique pour les grossesses suivantes. Les analyses génétiques pourront être réalisées en postnatal, ou en cas d’IMG après autopsie fœtale (examen fœtopathologique et neuropathologique). L’examen clinique postnatal ou l’examen fœtopathologique permettront une évaluation phénotypique plus fine qu’en prénatal (les données phénotypiques se limitant alors à celles visibles à l’imagerie fœtale), ce qui aidera l’interprétation des variations génétiques. 213 — p.231
et a fortiori un polyhandicap. Dans leur étude, Bruzzi et coll. rapportaient cependant un moindre effet du traitement chez les patients avec paralysie cérébrale (Bruzzi et coll., 2017). Enfin, concernant les aspects psychologiques autour de la puberté, nous cite rons un travail récent réalisé auprès de 9 parents (7 mères) de jeunes filles âgées de 14 à 24 ans avec paralysie cérébrale et score GMFCS IV ou 5 et défi cience intellectuelle. Les parents rapportaient avoir été très anxieux en anti cipant la survenue des menstruations de leur fille (douleurs, crises épileptiques plus fréquentes…), souhaitant pouvoir les éviter, mais une fois confrontée aux règles, une mère rapportait que cela lui renvoyait au contraire un signal vécu comme positif, un phénomène « naturel ». Les parents notaient globalement qu’ils avaient obtenu des informations sur le sujet soit via leur pédiatre, sinon au sein de l’établissement d’accueil de leur fille, ou via des échanges entre groupes de parents, mais tous étaient globalement demandeurs de plus d’in formations sur le sujet en amont. Enfin, un des sujets principaux qui émergeait de ces entretiens autour de la puberté et ménarche de ces filles, concernait le risque d’abus sexuel, son dépistage et sa prévention (pour ces aspects, nous renvoyons le lecteur au chapitre sur la maltraitance) (Gray et coll., 2020). Concernant les autres troubles endocrinologiques, nous ne les détaillerons pas ici mais en fonction de l’étiologie du polyhandicap ils peuvent faire partie intégrante du tableau clinique : pan-hypopituitarisme et anomalies de la ligne médiane comme les holoprosencéphalies ; perturbations thyroïdiennes dans le cadre du déficit en transporteur des hormones thyroïdiennes MCT8 ou syndrome d’Allan Herndon-Dudley. Les patients polyhandicapés peuvent également, comme tout autre patient, développer des pathologies endocriniennes « classiques » dont le diagnos tic pourra éventuellement être rendu plus complexe du fait de leur difficulté à rendre compte de symptômes, et c’est ainsi le suivi médical régulier et le retour des aidants professionnels et familiaux qui guideront l’orientation dia gnostique. Nous citons un cas rapporté d’acido-cétose révélatrice d’un diabète de type 1 ayant conduit à un choc hypovolémique chez un patient SMID : bien qu’elle ait eu une polyurie habituelle dans ce contexte, elle ne pouvait exprimer la soif, les apports hydriques n’avaient pas été compensés d’où le choc hypovolémique et la déshydratation intenses (Fujita et coll., 2021). Enfin, concernant ce que l’on appelle le syndrome métabolique, il s’agit d’une situation clinique dans laquelle l’intrication de différents facteurs de risque conduit à un risque élevé de maladie cardiovasculaire, de diabète de type 2 et donc une mortalité plus élevée. Ces facteurs de risque incluent l’obésité, des 358 troubles glycémiques et une insulino-résistance, une hypertension artérielle, des — p.376
Sources mobilisées (1)
- [1] INSERM Polyhandicap 2024 — INSERM (2024) 📄 (4 extraits)