Déformations neuro-orthopédiques
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La présence de déficit moteur primaire (faiblesse musculaire, spasticité, dyskinésie…) et l’absence de locomotion, voire de position assise indépendante (limitations d’activité motrice), et ce très tôt dans la vie de l’enfant, entraînent, en lien avec la croissance musculo-squelettique, de potentielles déformations neuro-orthopédiques (déficits secondaires)
En bref
- Attesté par : 1 document (INSERM) — niveau de preuve : Preuve établie
Déformations neuro-orthopédiques
Définition clinique
Les déformations neuro-orthopédiques sont des déficits secondaires résultant de la présence de déficits moteurs primaires (faiblesse musculaire, spasticité, dyskinésie…) et de l’absence de locomotion ou de position assise indépendante dès le plus jeune âge. Ces limitations d’activité motrice, combinées à la croissance musculo-squelettique, peuvent entraîner des déformations telles que des scoliose, luxations de hanches ou douleurs, pénalisant davantage la motricité et la qualité de vie de l’enfant [1] [5].
Critères diagnostiques
Les déformations neuro-orthopédiques sont souvent associées à des troubles du développement du mouvement et de la posture, causés par des atteintes non progressives survenues lors du développement du cerveau chez le fœtus ou le nourrisson. Ces troubles sont fréquemment accompagnés de troubles sensoriels, perceptifs, cognitifs, de la communication et du comportement, d’une épilepsie et de problèmes musculo-squelettiques secondaires [7]. La scoliose, par exemple, est une déformation fréquente du rachis dans les trois plans de l’espace, avec une prévalence de 64 % chez les personnes atteintes du syndrome de Rett [5].
Évaluation
L’évaluation des déformations neuro-orthopédiques doit être individuelle et régulière, réalisée par des équipes expertes en rééducation motrice et en technologie. Cette évaluation permet de déterminer les interventions motrices adaptées aux capacités réelles de chaque individu, en intégrant des outils technologiques et un feedback permanent lors de l’action [1]. Les interventions doivent également prendre en compte la motivation et la capacité d’engagement de l’individu dans la tâche motrice [1].
Intervention
Les interventions motrices doivent viser à favoriser la motricité volontaire, éviter l’immobilité et prévenir les déficits secondaires. Elles peuvent se décliner en trois niveaux :
- Rééducation des déficits moteurs primaires : Apprentissage moteur pour diminuer la faiblesse musculaire, la spasticité, etc.
- Prévention des déficits secondaires : Prévention des rétractions musculaires, déformations squelettiques, douleurs, limitations d’amplitudes articulaires.
- Interventions directes sur les activités motrices : Adaptations, aides techniques et innovations technologiques pour faciliter les déplacements et les actes de la vie quotidienne [3].
Les interventions précoce en cas de paralysie cérébrale maximisent la neuroplasticité et minimisent les modifications de développement et de croissance musculo-squelettiques. Les enfants avec paralysie cérébrale bilatérale qui bénéficient régulièrement d’une rééducation et d’une surveillance ont un moindre taux de déplacement de hanche, contracture et scoliose [2].
Recommandations officielles
La Haute Autorité de Santé (HAS) recommande une intervention précoce de prévention (stimulation sensorimotrice y compris oro-faciale) par un masso-kinésithérapeute ou un psychomotricien dès la sortie du service de médecine néonatale pour les grands prématurés à haut risque de développer un déficit moteur primaire. Cette intervention précoce de prévention est associée à une guidance parentale pour l’installation, le positionnement, et le portage de l’enfant. Si une anomalie du tonus musculaire apparaît, il est recommandé de demander un avis diagnostique et de mettre en place une prise en charge de kinésithérapie pour éviter les conséquences secondaires orthopédiques [10].
Articulation avec autres professionnels
L’ergothérapeute est amené à travailler avec les équipes éducatives pour adapter les outils pédagogiques et favoriser l’autonomie des enfants présentant des déformations neuro-orthopédiques [6]. Les interventions motrices doivent être conçues et mises en œuvre par des équipes pluriprofessionnelles comprenant des cliniciens et des ingénieurs, afin d’intégrer les principes d’apprentissages moteurs et les adaptations technologiques existantes ou à développer spécifiquement pour le polyhandicap [1].
Références
- [1] INSERM — INSERM Polyhandicap 2024 (2024), p.36
- [2] HAS — HAS TND Argumentaire 2020 (2020), p.111
- [3] INSERM — INSERM Polyhandicap 2024 (2024), p.35
- [4] INSERM — INSERM Polyhandicap 2024 (2024), p.263
- [5] INSERM — INSERM Polyhandicap 2024 (2024), p.256-257
- [6] INSHEA — Tous à l'école (2024), p.1
- [7] HAS — HAS TND Argumentaire 2020 (2020), p.26
- [8] HAS — HAS TND Argumentaire 2020 (2020), p.60
- [9] INSHEA — Tous à l'école (2024), p.1
- [10] HAS — HAS TND Argumentaire 2020 (2020), p.115