Repérage précoce des difficultés par les parents
Mis à jour le
Les parents sont les premiers observateurs du développement de leur enfant. Le repérage précoce des signes d'alerte par les parents permet une intervention plus rapide. Les inquiétudes parentales doivent toujours être prises au sérieux par les professionnels.
Définition clinique
Le repérage précoce des difficultés par les parents désigne l'identification par les parents des signes inhabituels ou préoccupants dans le développement de leur enfant. Ces signes peuvent concerner divers domaines tels que la communication sociale, le langage, la motricité, la régulation émotionnelle ou les interactions sociales. Toute inquiétude parentale concernant le développement de l'enfant, notamment en termes de communication sociale et de langage, doit être considérée comme un signe d'alerte majeur [1] [10].
Critères diagnostiques
Les critères diagnostiques pour un repérage précoce des difficultés par les parents incluent :
- Inquiétude des parents concernant le développement de leur enfant, notamment en termes de communication sociale et de langage [1] [10].
- Absence de babillage, de pointage à distance ou d’autres gestes sociaux pour communiquer à 12 mois et au-delà [4].
- Absence de mots à 18 mois et au-delà [4].
- Absence d’association de mots (non écholaliques) à 24 mois et au-delà [4].
- Difficultés dans les domaines suivants :
- Engagement relationnel (avec les parents et les pairs) [4].
- Attention et réciprocité sociale (initiation, réponse et maintien de l’attention conjointe, regard adressé, sourire partagé, pointage à distance coordonné avec le regard) [4].
- Réactivité sociale (réponse au prénom) [4].
- Langage réceptif (compréhension de consignes simples) et expressif (syllabes répétées, puis utilisation régulière et adaptée de plusieurs mots) [4].
- Jeu socio-imitatif et symbolique [4].
- Réponses sensorielles (recherche ou évitement de sensations) [4].
Évaluation
L'évaluation des signes d'alerte repérés par les parents doit être réalisée par le médecin assurant le suivi habituel de l’enfant, dans le cadre d’une consultation dédiée au repérage. Cette consultation doit inclure un examen clinique approfondi du développement de l’enfant [1] [3]. Les outils disponibles pour cette évaluation incluent les items du carnet de santé, ainsi que des questionnaires parentaux portant sur le développement de l’enfant, tels que les inventaires français du développement communicatif (IFDC), le Brunet-Lézine-R, l’échelle de Denver ou le test simplifié de Gesell [3].
Intervention
En cas de repérage de signes d’alerte, plusieurs actions doivent être mises en place sans attendre :
- Orientation vers un ORL pour un examen de l’audition et vers un ophtalmologue ou un orthoptiste pour un examen de la vision [6].
- Prescription d’un bilan orthophonique de la communication et du langage oral [6].
- Prescription d’un bilan du développement moteur chez un psychomotricien, un masseur-kinésithérapeute ou un ergothérapeute [6].
- Proposition d’une orientation des jeunes enfants en multi-accueil, régulier ou d’urgence [6].
- Consultation de suivi et coordination des actions en vue du diagnostic et synthèse des résultats pour transmission à une équipe de 2e ligne [6].
Recommandations officielles
La Haute Autorité de Santé (HAS) recommande que la recherche des signes d’alerte de troubles du neurodéveloppement soit réalisée dans le cadre du suivi de l’état de santé des enfants de 0 à 6 ans. Ce repérage doit être effectué à chaque consultation obligatoire par le médecin traitant, le médecin de PMI ou le médecin scolaire dans le cadre des visites systématiques effectuées à l’école [4].
La HAS insiste également sur le fait qu’un repérage ne permet pas d’établir un diagnostic, mais qu’un repérage bien conduit permettra, selon les cas, une orientation rapide vers une consultation diagnostique [5].
Articulation avec autres professionnels
Les professionnels de la petite enfance et de l’enfance doivent porter une attention particulière au développement de la communication sociale chez tous les enfants. Cette démarche nécessite d’être précoce et continue tout au long du développement de l’enfant, avec une vigilance accrue lors de l’entrée en collectivité préscolaire et lors de l’entrée à l’école [3].
Le médecin assurant le suivi habituel de l’enfant doit être informé des bilans effectués en matière de rééducation, de socialisation, et des progrès observés. Il doit conserver sa fonction de référent dans le suivi de l’enfant, notamment pour coordonner le diagnostic des troubles associés ultérieurs éventuels, et assurer en lien avec les équipes spécialisées de 2e ligne les démarches administratives MDPH et ALD [6] [9].
Références
- [1] HAS — HAS TSA Enfant 2018 (2018), p.9
- [2] CNSA / DREES — AgirTot (2018), p.1
- [3] HAS — HAS TSA Enfant 2018 (2018), p.11
- [4] HAS — HAS TND Argumentaire 2020 (2020), p.61
- [5] HAS — HAS TND Argumentaire 2020 (2020), p.166
- [6] HAS — HAS TSA Enfant 2018 (2018), p.21
- [7] expert — Qu’est-ce qu’un trouble du développement intellectuel ? (2024), p.1
- [8] HAS — HAS Dys 2017 (2017), p.14
- [9] HAS — HAS TND Argumentaire 2020 (2020), p.129
- [10] HAS — HAS TSA Enfant 2018 (2018), p.8
- [11] HAS — HAS TND Argumentaire 2020 (2020), p.68
- [12] HAS — HAS Dys 2017 (2017), p.17