Lecture labiale
Mis à jour le
Pour ce qui concerne la perception visuelle des contrastes phonologiques, le moyen le plus étudié est la lecture labiale.
En bref
- Cité par : INSHEA, Revue Glossa (UNADREO), UMVF
- Attesté par : 1 document (INSERM) — niveau de preuve : Preuve établie
Lecture labiale
Définition clinique
La lecture labiale, également appelée « speechreading » en anglais, consiste à reconnaître la parole d’un locuteur en interprétant les mouvements visibles de ses lèvres, de sa langue, de sa mâchoire inférieure, de son menton, ainsi que la position de ses dents, ses expressions faciales, voire le mouvement de ses mains et de son corps. Cette pratique s’appuie sur les connaissances linguistiques et les éléments contextuels disponibles pour reconstruire le message transmis [6]. Elle est particulièrement cruciale pour les personnes sourdes, mais aussi utilisée par les adultes normoentendants en situation d’écoute complexe, comme une conversation en milieu bruyant ou en langue étrangère [6].
Critères diagnostiques
Les critères diagnostiques de la lecture labiale ne sont pas explicitement définis dans les sources disponibles. Cependant, l'évaluation des compétences en lecture labiale isolée est un exercice particulièrement difficile et varie selon les individus. Les facteurs influençant les performances en lecture labiale incluent les compétences cognitives et exécutives, telles que la mémoire de travail spatiale et la vitesse de traitement [8].
Évaluation
L’évaluation des compétences en lecture labiale peut être réalisée à l’aide de tests spécifiques. Par exemple, le test DEWA (Wathour & Deggouj, 2022) permet d’évaluer les modalités auditives (A), visuelles (V) et audiovisuelles (AV) [7]. Cependant, peu de matériels d’évaluation sont disponibles et validés pour la modalité visuelle. En pratique clinique, les orthophonistes ont souvent recours à des listes d’audiométrie vocale, bien que celles-ci n’aient jamais été validées pour la modalité visuelle [7].
Intervention
L’intervention en lecture labiale peut inclure l’utilisation de systèmes comme le Langage Parlé Complété (LPC), qui associe à chaque phonème prononcé une clé de complément effectuée par la main près du visage. Ces signaux n'ont aucun sens en eux-mêmes mais sont destinés à apporter des informations complétant la lecture labiale. Par exemple, le « p » et le « b » ont la même image labiale, mais ils peuvent être distingués par une clé effectuée de manière concomitante [5]. L’utilisation de la dactylologie, un système signé qui symbolise les lettres, semble également avoir un effet positif sur la maîtrise de l’orthographe et la prise de conscience des contrastes phonémiques [2].
Recommandations officielles
Les recommandations officielles concernant la lecture labiale ne sont pas explicitement mentionnées dans les sources disponibles. Cependant, il est souligné que l’utilisation de systèmes comme le LPC et la dactylologie peut faciliter la maîtrise de l’orthographe et la prise de conscience des contrastes phonémiques chez les personnes sourdes [2].
Articulation avec autres professionnels
La lecture labiale est souvent évaluée et traitée par des orthophonistes, qui sont des professionnels de santé spécialisés dans la prévention, l'évaluation et le traitement des troubles du langage [KG-1]. Les orthophonistes peuvent également collaborer avec d'autres professionnels de santé pour offrir une prise en charge globale aux personnes sourdes ou malentendantes.
Références
- INSERM. (2007). INSERM Dys 2007. p.159-165.
- INSHEA. (2024). Tous à l'école. p.1.
- Revue Glossa. (2025). Glossa. p.4-37.
- UMVF. (2007). src-dgs-sfp-langage-collection-08-modul-transdis-umvf-3. p.7.
Sources mobilisées (5)
- [1] INSERM Dys 2007 — INSERM (2007) 📄 (4 extraits)
- [2] Tous à l'école — INSHEA (2024) 📄 (1 extrait)
- [3] Glossa — Revue Glossa (UNADREO) (2025) 📄 (4 extraits)
- [4] Glossa — Revue Glossa (UNADREO) (2025) 📄 (2 extraits)
- [5] src-dgs-sfp-langage-collection-08-modul-transdis-umvf-3 — UMVF (2007) 📄 (1 extrait)