Lecture labiale
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Pour ce qui concerne la perception visuelle des contrastes phonologiques, le moyen le plus étudié est la lecture labiale.
En bref
- Attesté par : 1 document (INSERM) — niveau de preuve : Preuve établie
Cadre clinique
La lecture labiale (LL) est une compétence cruciale pour les personnes sourdes ou malentendantes, mais aussi pour les normoentendants en situation d'écoute complexe. Elle consiste à décoder les mouvements des lèvres, de la langue, de la mâchoire et des expressions faciales pour reconstruire un message transmis [6]. Cette pratique est particulièrement importante pour les personnes sourdes, car la lecture labiale ne suffit pas à elle seule pour distinguer tous les phonèmes de la langue française. En effet, 36 sons correspondent à seulement 12 images labiales, d'où l'intérêt de systèmes complémentaires comme le Langage Parlé Complété (LPC) [5].
Repères épidémiologiques
Les performances en lecture labiale varient considérablement selon les individus. Une étude a montré que les adultes normoentendants obtiennent des scores moyens de 41,64 % pour la reconnaissance de mots monosyllabiques et 41,54 % pour les mots plurisyllabiques, avec des scores de 40,86 % pour les phrases [9]. Ces résultats soulignent la difficulté de la lecture labiale isolée, même pour des personnes n'ayant pas de déficience auditive.
Diagnostic et évaluation
L'évaluation des compétences en lecture labiale se fait généralement en trois modalités : perception auditive (A), perception visuelle (V) et perception audiovisuelle (AV). Le test DEWA (Wathour & Deggouj, 2022) est un outil disponible pour évaluer ces trois modalités, bien que peu de matériels d’évaluation soient actuellement validés [7]. En pratique clinique, les orthophonistes utilisent souvent des listes d’audiométrie vocale, bien que celles-ci n’aient pas été spécifiquement validées pour la modalité visuelle.
Interventions recommandées
Plusieurs facteurs influencent les performances en lecture labiale, notamment les compétences cognitives et exécutives. Des études montrent que les personnes ayant de meilleures performances en mémoire de travail ont également de meilleures capacités d’intégration audiovisuelle, en particulier dans le bruit [8]. Les orthophonistes peuvent donc intégrer des exercices de mémoire de travail dans les programmes de rééducation pour améliorer les compétences en lecture labiale.
Les exercices de lecture labiale peuvent inclure des tâches de reconnaissance de mots et de phrases, ainsi que des activités plus écologiques comme la localisation spatiale de voix et la lecture labiale dans des environnements bruyants [10]. Ces exercices sont conçus pour être progressifs et adaptés aux besoins individuels des patients.
Cadre légal et droits
La prise en charge de la surdité et des troubles associés, incluant la lecture labiale, est encadrée par des protocoles médicaux et éducatifs. Par exemple, il est recommandé de discuter de l'intérêt de la poursuite d'une éducation purement orale, éventuellement avec l'aide du Langage Parlé Complété (LPC), en fonction de l'évolution de l'oralisation et des demandes de la famille [12]. Ces décisions doivent être prises en concertation avec les professionnels de santé et les familles pour assurer une prise en charge adaptée et personnalisée.
Sources mobilisées (5)
- [1] INSERM Dys 2007 — INSERM (2007) 📄 (4 extraits)
- [2] Tous à l'école — INSHEA (2024) 📄 (1 extrait)
- [3] Glossa — Revue Glossa (UNADREO) (2025) 📄 (4 extraits)
- [4] Glossa — Revue Glossa (UNADREO) (2025) 📄 (2 extraits)
- [5] src-dgs-sfp-langage-collection-08-modul-transdis-umvf-3 — UMVF (2007) 📄 (1 extrait)