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BILO — Bilan Informatisé du Langage Oral

Batterie orthophonique informatisée d'évaluation du langage oral.

Cadre clinique

Le Bilan Informatisé du Langage Oral (BILO) est une batterie orthophonique informatisée dédiée à l'évaluation du langage oral. Il s'inscrit dans le cadre plus large des bilans orthophoniques, outils cliniques essentiels pour le diagnostic, le pronostic, le dépistage, la prévention et l'information concernant les troubles du langage et de la communication [1]. Ces bilans permettent d'établir un profil linguistique, cognitif et pragmatique, évaluant à la fois les aspects expressifs (phonologie, vocabulaire, morphosyntaxe, fluence et récit), réceptifs (perception et compréhension) et pragmatiques (emploi du langage dans les interactions sociales et familiales) [1].

Le BILO, comme d'autres outils d'évaluation, est réalisé par un orthophoniste diplômé d'État, en cabinet libéral, en centre hospitalier, ou dans diverses structures comme les CMP, CMPP, CAMSP [3]. Il débute par un entretien permettant de faire le point sur l'histoire médicale et personnelle de l’enfant, ainsi que sur l’origine de la plainte (anamnèse) [3]. L'évaluation se base sur des épreuves étalonnées, laissées au libre choix du praticien, pour situer les performances de l’enfant par rapport à une norme (âge ou classe) [3].

Repères épidémiologiques

Les troubles spécifiques du langage oral touchent environ 5 à 7 % de la population [9]. Ces troubles peuvent être identifiés dès le plus jeune âge, et leur évaluation est cruciale pour mettre en place une prise en charge adaptée. Les bilans orthophoniques, comme le BILO, sont prescrits sur demande médicale, que cette demande vienne de la famille, d’un médecin ou de l’école [3].

Diagnostic et évaluation

Le bilan orthophonique explore principalement deux versants du langage : l'expression et la compréhension. Les domaines évalués incluent l'intelligibilité, l'informativité, le discours, la voix, le débit, et la pragmatique [2]. L'intelligibilité évalue la qualité de l’articulation et de la phonologie, tandis que l'informativité examine si l’enfant transmet un message clair au-delà des difficultés articulatoires et phonologiques. Le discours évalue la qualité des échanges, la cohérence des idées, et la capacité de l’enfant à répondre correctement aux questions. La voix et le débit sont analysés pour détecter d'éventuelles anomalies comme une voix rauque ou un bégaiement. La pragmatique évalue l'adaptation du langage au contexte et à l’interlocuteur, ainsi que la compréhension de l’implicite [2].

Les bilans orthophoniques peuvent également inclure des examens complémentaires tels qu'un bilan auditif, une évaluation de la vision, un bilan psychomoteur, un bilan neuropsychologique, ou un entretien psychologique [1]. Ces examens complémentaires sont suggérés par l’orthophoniste pour affiner le diagnostic et proposer une prise en charge adaptée.

Interventions recommandées

Suite au bilan orthophonique, l’orthophoniste propose ou non une rééducation et envisage des examens complémentaires si nécessaire [2]. Lorsque cela est possible, et parfois en collaboration avec d’autres professionnels de santé, il ou elle pose un diagnostic : trouble spécifique du langage oral, retard d’acquisition, dyspraxie verbale, etc. [2]. Un compte rendu écrit est remis aux parents, détaillant les tests utilisés, leurs résultats, les objectifs et le projet thérapeutique [4].

La prescription du bilan orthophonique est un acte médical, réalisé qu’après prescription par le médecin [4]. Le compte rendu du bilan orthophonique est adressé au médecin prescripteur [4]. Idéalement, la prise en charge d’un enfant ayant des troubles du langage doit se faire en coordination au sein de l’équipe soignante (médecin, orthophoniste) et en collaboration avec la famille et l’enseignant, dans le respect du secret professionnel [4].

Cadre légal et droits

Le bilan orthophonique est prescrit sur demande médicale, et son compte rendu est adressé au médecin prescripteur [4]. La prise en charge des troubles du langage peut être coordonnée avec d’autres professionnels de santé, dans le respect du secret professionnel [4]. Les recommandations et références pour les troubles du langage écrit chez l’enfant indiquent que le bilan orthophonique doit être réalisé après prescription médicale et que le compte rendu doit mentionner les tests utilisés, leurs résultats, les objectifs et le projet thérapeutique [4].

En conclusion, le BILO et les bilans orthophoniques en général jouent un rôle crucial dans l'évaluation et la prise en charge des troubles du langage oral. Ils permettent de poser un diagnostic précis et de proposer une rééducation adaptée, en collaboration avec les familles et les autres professionnels de santé.

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Sources mobilisées (9)