Examen neurologique anormal après première crise
Examen neurologique anormal après une première crise non provoquée.
Examen neurologique anormal après première crise
Définition clinique
Un examen neurologique anormal après une première crise non provoquée est un facteur de risque majeur de récidive de crises épileptiques. Ce facteur doit être évalué dans le cadre d'une démarche diagnostique rigoureuse pour orienter la prise en charge thérapeutique et le suivi du patient [1].
Critères diagnostiques
Les critères diagnostiques d'un examen neurologique anormal incluent :
- Troubles de la conscience persistants
- Déficit focal
- Signes neurologiques évocateurs d'une lésion cérébrale sous-jacente [2]
Évaluation
Examen clinique
L'examen clinique doit rechercher des arguments pour une cause symptomatique urgente telle qu'une infection du système nerveux central, une cause traumatique, ou une cause vasculaire. Une durée de l’épisode critique supérieure à 20 minutes et/ou la persistance de troubles majeurs de la conscience à deux examens séparés de 30 minutes sont des critères de gravité [3].
Examens complémentaires
- Électroencéphalogramme (EEG) : Indispensable devant toute première crise sans fièvre. Il permet d'orienter le diagnostic syndromique et la prise en charge initiale. Un EEG normal n’élimine pas le diagnostic d’épilepsie, il peut être utile de le répéter à distance [2].
- Imagerie cérébrale : Indiquée en urgence si l’interrogatoire retrouve des éléments pouvant faire évoquer un caractère symptomatique aigu de la crise ou si l’examen neurologique est anormal. L’IRM ou le scanner recherchera des complications de traumatisme crânien, une hémorragie cérébrale, un œdème cérébral, un accident ischémique ou une lésion parenchymateuse avec syndrome de masse [2].
Intervention
Prise en charge initiale
En présence d’une crise épileptique non symptomatique aiguë, il est nécessaire de déterminer s’il existe un risque élevé de récidive de crise. Les facteurs de risque de récidive incluent un examen neurologique anormal après une première crise non provoquée, la survenue de crises épileptiques nocturnes, des anomalies à l’EEG, le terrain de l’enfant : déficience intellectuelle, TSA, des anomalies de l’imagerie cérébrale [1].
Traitement antiépileptique
La décision de traiter ou non par un antiépileptique doit être prise en fonction du risque de récidive. En cas de risque élevé, un traitement antiépileptique peut être envisagé après une évaluation spécialisée [1].
Recommandations officielles
La HAS recommande :
«À la phase aiguë, il est nécessaire de s’assurer que l’épisode paroxystique est bien de nature épileptique, ce qui suppose d’éliminer des diagnostics différentiels. Dans un second temps, en présence d’une crise épileptique non symptomatique aiguë, il est nécessaire de déterminer s’il existe un risque élevé de récidive de crise» [1].
«L’EEG est un examen indispensable à réaliser devant toute première crise sans fièvre. Il permettra d’orienter le diagnostic syndromique et la prise en charge initiale et à moyen terme» [2].
Articulation avec autres professionnels
L'articulation avec d'autres professionnels de santé est essentielle pour une prise en charge globale du patient. Les professionnels impliqués peuvent inclure :
- Pédiatres : Pour la prise en charge initiale et le suivi.
- Neuropédiatres : Pour l'évaluation spécialisée et la décision thérapeutique.
- Neurologues : Pour le diagnostic et le traitement de l'épilepsie.
- Psychologues, orthophonistes, psychomotriciens, ergothérapeutes : Pour le suivi et la rééducation en cas de déficits neurologiques persistants.
Références
- [1] HAS — HAS Épilepsie Enfant 2023 (2023), p.13
- [2] HAS — HAS Épilepsie Enfant 2023 (2023), p.15
- [3] HAS — HAS Épilepsie Enfant 2023 (2023), p.14
- [4] HAS — HAS Épilepsie Enfant 2023 (2023), p.12
- [5] HAS — HAS TDAH 1er recours 2015 (2015), p.19
- [KG-1] Examen neurologique anormal après première crise ↔ related ↔ Épilepsie