AVC artériel périnatal
Accident vasculaire cérébral artériel diagnostiqué entre la 20e semaine de vie foetale et le 28e jour de vie.
AVC artériel périnatal
En bref
Le praticien devra donc rester vigilant devant cet antécédent chez un enfant qui de prime abord semble se développer favorablement. 1.1.5 Accidents vasculaires cérébraux ischémiques artériels… Troubles du neurodéveloppement - Repérage et orientation des enfants à risque développement.
HAS TND Argumentaire 2020 — HAS (2020)
à l’âge scolaire. Le praticien devra donc rester vigilant devant cet antécédent chez un enfant qui de prime abord semble se développer favorablement.
1.1.5 Accidents vasculaires cérébraux ischémiques artériels néonatals Les accidents vasculaires cérébraux ischémiques néonatals sont rares. De nouvelles recommandations pour la pratique clinique ont récemment été proposées sous l’égide de la Société française de néonatalogie et le Centre national de référence de l’AVC de l’enfant (97). La prévalence est estimée à 1 pour 5 000 naissances en se basant sur les études épidémiologiques se focalisant sur la population à terme ou proche du terme. L’évolution des enfants atteints d’un AVC ischémique artériel néonatal peut être marquée par différents troubles neurodéveloppementaux que ce soit sur le versant moteur ou sur le versant cognitif. En ce qui concerne la paralysie cérébrale4, elle est majoritairement unilatérale (la plupart des AVC étant unilatéraux et focaux) et prédomine sur le membre supérieur (97). Le langage peut être atteint avec des déficits modérés dans la compréhension des aspects complexes du langage lorsque les enfants sont en âge scolaire et des troubles dans son
4 La définition de la paralysie cérébrale retenue est : troubles du développement du mouvement et de la posture, respon- — p.26
Troubles du neurodéveloppement - Repérage et orientation des enfants à risque
développement. Une épilepsie séquellaire apparaît dans l’enfance dans 15 à 50 % des cas. Cette épilepsie et l’atteinte des noyaux gris centraux sont les principaux marqueurs du risque d’abaissement du quotient intellectuel total (97). Il existerait une vulnérabilité des fonctions visuospatiales et des troubles neurovisuels dans la population des enfants ayant un AVC ischémique artériel néonatal (97). Une cohorte mixte issue de deux centres (Londres et Utrecht) (98) et impliquant 188 enfants nés à terme entre 1990 et 2015, dont le développement a été suivi par « suivi de routine », abonde dans ce sens (niveau 2) : • 100 % des enfants ayant présenté un AVC périnatal artériel dans le territoire de l’artère cérébrale moyenne ou de ses principales branches étaient porteurs de lésions séquellaires, et donc de troubles neurodéveloppementaux ; • dans ce groupe, les enfants ayant présenté des crises convulsives néonatales présentaient des scores de développement moins bons à 2, puis 3-4, puis 5-7ans ; • de la même façon, les enfants présentant un retard de langage étaient plus à risque de présenter un retard cognitif ; • en fonction des branches de l’artère cérébrale moyenne mises en cause dans l’AVC, les séquelles retrouvées étaient les mêmes pour un même territoire ; • les AVC artériels des autres territoires étaient moins souvent liés à des troubles du développement, avec un développement normal chez 53 à 71 % des enfants ; • ce travail encourage donc vivement les cliniciens à étayer au mieux le territoire mis en cause dans l’accident vasculaire, car la prédiction du type de séquelles est possible, et pourrait être anticipée (98). Les données de la cohorte française AVCnn, issues d’une étude nationale multicentrique d’épidémiologie descriptive de suivi longitudinal sur l’infarctus cérébral artériel symptomatique du nouveau-né à terme, sont intéressantes. À l’âge de 7 ans, 73 enfants ont été évalués. L’analyse des données montre que : • il n’y a pas de récidive chez les enfants de la cohorte à 7 ans, aucun AVC chez les frères et sœurs ; • à 3,5 ans, la qualité de vie des enfants est superposable à celle des témoins même si l’autonomie fonctionnelle est diminuée ; • la déficience motrice augmente au cours du temps : 24 % à 3,5 ans et 32 % à 7 ans, principalement sous la forme d’une paralysie cérébrale spastique unilatérale ; • le niveau de langage est correct dans une conversation banale mais la moitié a un profil anormal lors d’une évaluation orthophonique ; • le taux d’épilepsie séquellaire est de 15 % à 7 ans ; • la déficience intellectuelle globale est de 8 % ; 28 % des enfants ont des difficultés dès le cours préparatoire et le taux continue d’augmenter avec le niveau académique. Au final, le suivi de la cohorte AVCnn montre que les séquelles sévères sont rares mais les séquelles légères sont fréquentes et touchent plusieurs domaines d’activités nécessitant une prise en charge pluridisciplinaire (99). (niveau 2) — p.27
Troubles du neurodéveloppement - Repérage et orientation des enfants à risque
En résumé : La prévalence de l’accident vasculaire cérébral ischémique néonatal est estimée à 1 pour 5 000 naissances en se basant sur les études épidémiologiques se focalisant sur la population à terme ou proche du terme. Le risque de développer des troubles neurodéveloppementaux est clairement établi pour les enfants ayant eu un AVC ischémique artériel néonatal : déficience motrice principalement sous la forme d’une paralysie cérébrale spastique unilatérale, difficultés scolaires et risques de survenue d’une épilepsie. Le risque de survenue de séquelles neurologiques est d’autant plus élevé que les lésions sont étendues et profondes, intéressant les noyaux gris centraux et le faisceau corticospinal. Le risque de développer des troubles neurodéveloppementaux est clairement établi pour les enfants ayant eu un AVC ischémique artériel néonatal. Les professionnels de santé qui suivront ces enfants au cours de leur développement devront donc être particulièrement vigilants dans l’émergence des signes précurseurs (asymétrie motrice, attraper un hochet avec une main préférentielle dès les premiers mois de vie est souvent signalé par les parents) pour mettre en place la prise en charge adaptée afin de limiter les répercussions sur la suite des acquisitions. Leur suivi doit être réalisé à la même fréquence que celle des nouveau-nés prématurés en ayant à l’esprit le risque de survenue d’épilepsies tardives. — p.28
Sources mobilisées (1)
- [1] HAS TND Argumentaire 2020 — HAS (2020) 📄 (3 extraits)