Exposition prénatale à l'alcool
Consommation d'alcool pendant la grossesse, quel que soit le niveau.
Exposition prénatale à l'alcool
Définition clinique
L'exposition prénatale à l'alcool désigne la consommation d'alcool par une femme enceinte, quel que soit le niveau de consommation. Cette exposition peut avoir des conséquences significatives sur le développement neurocognitif de l'enfant, notamment en termes de troubles du neurodéveloppement (TND) [1].
Critères diagnostiques
Les critères diagnostiques des troubles causés par l'alcoolisation fœtale (TCAF) incluent :
- Antécédent d'exposition prénatale à l'alcool
- Signes de dysmorphie faciale
- Retard de croissance avec microcéphalie
- Retard développemental, notamment du langage et de la motricité fine
- Mauvaises mémoire à court terme et difficultés dans les apprentissages
- Manifestations comportementales caractéristiques du syndrome d’alcoolisation fœtale (hyperactivité, déficit attentionnel, accès de colère, difficultés avec les transitions, attitude démesurément amicale, bavarde et vive) [2]
À l'âge scolaire, les signes d'appel des TCAF incluent également :
- Troubles des apprentissages
- Pensée abstraite déficiente
- Incapacité de prévoir les conséquences de ses gestes
- Incapacité de faire des choix
- Absence d’aptitude organisationnelles
- Trouble de la communication (absence d’aptitudes sociales, insensibilité aux indices sociaux, comportement inadapté, manque d’inhibition, difficulté avec les transitions, la planification, trouble de l’attention et hyperactivité) [4]
Évaluation
L'évaluation des enfants exposés prénatalement à l'alcool doit être multidisciplinaire et inclure :
- Un bilan neuropsychologique pour évaluer les fonctions cognitives et les troubles du comportement
- Une évaluation orthophonique pour les troubles du langage et de la communication
- Une évaluation psychomotrice pour les troubles de la motricité fine et globale
- Une évaluation des aptitudes sociales et émotionnelles
Intervention
Les interventions doivent être adaptées en fonction du niveau d'exposition et des besoins spécifiques de l'enfant. Elles peuvent inclure :
- Un suivi renforcé pour les enfants lourdement exposés à l'alcool ou présentant des signes évocateurs de SAF
- Un aménagement du suivi pour les enfants exposés de manière modérée, discuté au cas par cas
- Des interventions éducatives et thérapeutiques pour les troubles du comportement et les difficultés d'apprentissage
- Un soutien psychosocial pour la famille
Recommandations officielles
Selon les recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS) : « Le seuil limite et la période d’exposition risquée au cours de la grossesse étant des données qui restent inconnues, la politique zéro alcool pendant la grossesse reste le message à diffuser » [2].
Articulation avec autres professionnels
L'articulation avec d'autres professionnels de santé est essentielle pour une prise en charge globale de l'enfant. Les professionnels impliqués peuvent inclure :
- Psychiatres et psychologues pour l'évaluation et la prise en charge des troubles du comportement et des troubles de l'humeur
- Orthophonistes pour les troubles du langage et de la communication
- Psychomotriciens pour les troubles de la motricité fine et globale
- Ergothérapeutes pour les troubles des aptitudes organisationnelles et les difficultés d'apprentissage
Références
Sources mobilisées (1)
- [1] HAS TND Argumentaire 2020 — HAS (2020) 📄 (4 extraits)