Exposition prénatale à l'alcool
Consommation d'alcool pendant la grossesse, quel que soit le niveau.
Exposition prénatale à l'alcool
En bref
scolaire sont : • antécédent d’exposition prénatale à l’alcool, les signes de dysmorphie faciale, le retard de croissance avec microcéphalie ; 5 Exposition importante : >14 verres par semaine en… Troubles du neurodéveloppement - Repérage et orientation des enfants à risque (facteurs génétiques de susceptibilité, facteurs maternels dont l’âge, facteurs post-nataux liés à l’environnement… nagement du suivi est à discuter au cas par cas.
HAS TND Argumentaire 2020 — HAS (2020)
scolaire sont : • antécédent d’exposition prénatale à l’alcool, les signes de dysmorphie faciale, le retard de croissance avec microcéphalie ;
5 Exposition importante : >14 verres par semaine en moyenne ou >4 verres par occasion au moins une fois par semaine (seuil OMS de consommation responsable d’alcool pour la femme non enceinte) ; exposition modérée : ≥1 verre par semaine en moyenne* ou >2 verres par occasion ; exposition légère et occasionnelle : <1 verre par semaine en moyenne* et toujours ≤2 verres par occasion. (147)
Au minimum trimestrielle sinon mensuelle
HAS / Service des bonnes pratiques professionnelles – Société française de néonatologie / février 2020 35 — p.35
Troubles du neurodéveloppement - Repérage et orientation des enfants à risque
(facteurs génétiques de susceptibilité, facteurs maternels dont l’âge, facteurs post-nataux liés à l’environnement socio-économique et psycho-éducatif), mais il dépend majoritairement du niveau d’exposition à l’alcool (effet dose). Ainsi, en situation d’exposition sévère avec alcoolodépendance, la fréquence des TCAF dépasse 50 %, faisant de ce niveau d’AF un facteur de risque neurodéveloppemental majeur. Le niveau de consommation d’alcool à partir duquel un retentissement est perceptible chez l’enfant est difficile à déterminer. Le caractère multifactoriel du déterminisme de la variabilité des TCAF complique l’établissement et surtout l’interprétation à l’échelle individuelle d’un éventuel seuil de dangerosité de la consommation d’alcool pendant la grossesse (147). Si le mode de consommation alcoolique et la susceptibilité génétique individuelle semblent être les deux déterminants principaux de la variance d’expression des TCAF, ils ne sont probablement pas les seuls (parmi les autres variables périnatales suggérées par les études épidémiologiques, on trouve l’âge maternel, son statut nutritionnel, et plus globalement, le niveau socio-économique). Au-delà de la période néonatale, l’environnement socio-économique, culturel, éducatif et affectif de l’enfant est un déterminant essentiel de son devenir neurocognitif. À titre indicatif, des niveaux de sévérité d’exposition prénatale à l’alcool peuvent être proposés5. Une revue de la littérature se focalise sur l’association entre le neurodéveloppement de l’enfant et l’exposition anténatale à des consommations modérées à moyennes et aiguës d’alcool, respectivement plus de 0 à 6 verres par semaine et plus de 4 ou 5 verres par occasion. Cette analyse confirme un lien péjoratif entre cognition de l’enfant et consommation aiguë d’alcool ainsi qu’entre la consommation modérée d’alcool et le comportement de l’enfant. La consommation d’alcool modérée, à des niveaux inférieurs à une consommation quotidienne peut affecter le comportement de l’enfant (148). Le seuil limite et la période d’exposition risquée au cours de la grossesse étant des données qui restent inconnues, la politique zéro alcool pendant la grossesse reste le message à diffuser. Les enfants lourdement exposés à l’alcool ou présentant des signes néonataux évocateurs de SAF relèvent donc d’un suivi renforcé d’enfants à haut risque. Pour les autres, un aménagement du suivi est à discuter en fonction du niveau d’exposition et du contexte. Le diagnostic des TCAF est souvent difficile. Le retard du développement cognitif et les troubles du comportement ne deviennent parfois apparents qu’à l’âge pré et scolaire Selon les recommandations de la Haute Autorité de Santé publiées en 2013 (146), les signes d’appel des TCAF en âge préscolaire sont : • antécédent d’exposition prénatale à l’alcool, les signes de dysmorphie faciale, le retard de croissance avec microcéphalie ; • le retard développemental, notamment du langage et de la motricité fine, une mauvaise mémoire à court terme et les difficultés dans les apprentissages. Les aptitudes apparentes peuvent sembler supérieures au taux de capacité testé ; • les manifestations comportementales caractéristiques du syndrome d’alcoolisation fœtale peuvent devenir apparentes durant cette phase : l’hyperactivité, le déficit attentionnel, les accès de colère, les difficultés avec les transitions, une attitude démesurément amicale, bavarde et vive. Selon les recommandations de la Haute Autorité de Santé publiées en 2013 (146), les signes d’appel des TCAF à l’âge scolaire sont : • antécédent d’exposition prénatale à l’alcool, les signes de dysmorphie faciale, le retard de croissance avec microcéphalie ; — p.35
nagement du suivi est à discuter au cas par cas. Le message à diffuser reste : pas d’exposition à l’alcool durant la grossesse. ► Substances illicites
Cocaïne Trois études de cohortes prospectives d’enfants ayant eu une exposition prénatale à la cocaïne ont été identifiées. Les populations étudiées reflètent les résultats des enfants le plus lourdement exposés (Tableau 4). Une étude est en faveur d’une association de l’exposition prénatale à la cocaïne à une altération de l’attention (en particulier sur le versant de l’attention soutenue et de la vigilance mesurée par le Conners’ CPT) qui persiste après ajustement à l’âge de la maternelle et à l’âge scolaire (150). Une étude indique qu’en moyenne, les enfants ayant une exposition prénatale fréquente (≥1 fois par jour) à la cocaïne ont un retard de croissance, des scores de mémoire inférieurs et des scores de troubles du comportement plus élevés comparés aux enfants non exposés. Cependant, la taille de l’effet détecté est faible et ne serait pas cliniquement pertinente au niveau individuel (151). Un article reprend l’ensemble des publications sur la cohorte de Cleveland (États-Unis), qui a suivi, de la naissance à l’âge de 15 ans, 218 enfants exposés à la cocaïne avant la naissance et 197 non exposés (152). Globalement, le résumé des résultats jusqu’à 6 ans suggère que l’exposition prénatale à la cocaïne a des effets défavorables faibles à modérés sur la croissance fœtale, et dans plusieurs domaines développementaux, principalement l’attention, le langage et le comportement alors que le QI global n’est pas affecté (153, 154). L’exposition à la cocaïne aurait également des effets défavorables sur les capacités visuo-motrices. — p.36
Troubles du neurodéveloppement - Repérage et orientation des enfants à risque
• troubles des apprentissages, pensée abstraite déficiente, incapacité de prévoir les conséquences de ses gestes, incapacité de faire des choix, absence d’aptitude organisationnelles ; • trouble de la communication : absence d’aptitudes sociales à se faire des amis et à les conserver, insensibilité aux indices sociaux, utilisation du comportement comme mode de communication. Comportement inadapté (prolongation du comportement d’un tout petit, trop affectueux, ne distingue pas la famille des étranger), manque d’inhibition, difficulté avec les transitions, la planification, trouble de l’attention et hyperactivité ; L’American Academy of Pediatrics en 2015 décrit les mêmes signes d’appel dans son rapport clinque concernant le trouble du spectre d’alcoolisation fœtale (FASD) (149). Il est souligné que le déficit attentionnel est le caractère commun chez les enfants avec FASD ; ils auraient plus de difficultés attentionnelles dans les tâches visuelles que dans les tâches auditives. Des cas d’autisme sont décrits dans les situations d’exposition extrême à l’alcool en prénatal avec cependant une différence dans la qualité des interactions sociales comparées aux cas de TSA non exposés à l’alcool en prénatal. Les troubles de l’humeur sont particulièrement fréquents (anxiété, dépression), de même que les troubles de conduite (149). En résumé, le risque lié à l’exposition importante d’alcool durant la grossesse justifie un suivi renforcé de ces enfants, qu’ils présentent ou non des signes évocateurs de SAF. En cas d’exposition modérée, un aménagement du suivi est à discuter au cas par cas. Le message à diffuser reste : pas d’exposition à l’alcool durant la grossesse. ► Substances illicites — p.36
Sources mobilisées (1)
- [1] HAS TND Argumentaire 2020 — HAS (2020) 📄 (4 extraits)