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Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires

Mis à jour le

Mission interministérielle créée par décret du 28 novembre 2002. Elle observe et analyse le phénomène sectaire, coordonne l'action préventive et répressive des pouvoirs publics contre les dérives sectaires, informe le public sur les risques et facilite l'aide aux victimes (guide MIVILUDES Santé p.35). Elle « n'a pas vocation à définir ce qu'est une secte » et « ne tient pas non plus un registre des mouvements sectaires » (p.35). Une famille qui doute d'une méthode proposée à son enfant peut l'interroger sans attendre (Santé p.151).

En bref

Définition clinique

La dérive sectaire est un phénomène complexe et en pleine expansion, touchant des individus de tous horizons, y compris ceux bien insérés socialement et sans difficultés particulières [1]. Selon un sondage réalisé par l'institut IPSOS en septembre 2010, 25 % des Français ont déjà été en contact avec une secte, et 20 % connaissent une personne victime de dérives sectaires [1]. La Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) reçoit environ 2 000 signalements par an, ce qui témoigne de l'ampleur du phénomène [2].

Critères diagnostiques

La dérive sectaire se caractérise par des agissements attentatoires aux droits de l'homme et aux libertés fondamentales, ou constituant une menace à l'ordre public ou contraires aux lois et règlements [2]. Elle implique souvent des techniques de sujétion, de pressions ou de menaces, ainsi que des pratiques favorisant l'emprise mentale et privant les personnes d'une partie de leur libre arbitre [3]. La Miviludes s'intéresse particulièrement aux atteintes portées à l'ordre public, aux lois et aux règlements, aux libertés fondamentales et à la sécurité ou à l'intégrité des personnes [3].

Évaluation

L'évaluation des situations de dérive sectaire repose sur une observation et une analyse rigoureuses des agissements des groupes ou individus concernés. La Miviludes coordonne l'action préventive et répressive des pouvoirs publics et contribue à la formation et à l'information des agents publics [3]. Elle facilite également la mise en œuvre d'actions d'aide aux victimes de dérives sectaires [3].

Intervention

La Miviludes ne dispose pas de pouvoirs propres d'enquête mais facilite la coordination de l'action entre police, justice, éducation nationale, autres services administratifs, ordres professionnels, collectivités territoriales et associations [4]. Elle est composée d'un secrétariat général présidé par le président de la Miviludes et dirigé par le secrétaire général, avec des conseillers mis à disposition par divers ministères concernés [4]. La Miviludes dispose également de correspondants régionaux ou locaux désignés par certaines administrations ou autorités constituées [4].

Recommandations officielles

La Miviludes recommande de ne pas remettre en question directement les opinions ou convictions de l'adolescent, d'être à l'écoute et de le questionner avec tolérance, de ne pas s'interdire la fermeté en cas d'actes irrespectueux ou dangereux, de ne pas le harceler ni le provoquer constamment au sujet de ses convictions ou de ses pratiques, de ne pas s'isoler dans la gestion des conflits mais de chercher des informations et de l'aide auprès de personnes qualifiées, et de ne pas hésiter à rechercher des renseignements sur le mouvement auquel l'adolescent semble adhérer auprès de la Miviludes ou des associations de victimes de dérives sectaires [6].

Articulation avec autres professionnels

La Miviludes travaille en collaboration avec divers professionnels de la santé et de l'éducation, notamment les infirmiers [KG-4], les chirurgiens-dentistes [KG-5], les sages-femmes [KG-6], les kinésithérapeutes [KG-7], et les professionnels de l'éducation nationale [7]. Elle coordonne également ses actions avec les procureurs de la République [KG-3] et les agences régionales de santé [KG-2] pour une approche globale et intégrée de la lutte contre les dérives sectaires.

Références

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Sources mobilisées (2)