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IDV

Institut pour Déficients Visuels

Cadre clinique

L'Institut pour Déficients Visuels (IDV) s'inscrit dans un contexte où les troubles neurovisuels chez l'enfant sont souvent méconnus et sous-diagnostiqués. Ces troubles peuvent résulter de lésions cérébrales postérieures, qu'elles soient congénitales, périnatales ou acquises au cours de l'enfance. Les études européennes estiment que 5 % des enfants scolarisés présentent un trouble des apprentissages, et parmi ceux-ci, 2 à 3 % pourraient être attribués à des troubles neurovisuels [2]. Ces troubles affectent la capacité à explorer, analyser, mémoriser visuellement ou à orienter l'attention dans l'espace, impactant ainsi les apprentissages fondamentaux comme le langage écrit [2].

Les troubles neurovisuels peuvent inclure des déficits de la perception visuelle, de l'attention visuelle, de la reconnaissance visuelle, et de l'organisation de l'espace. Ces troubles sont souvent associés à des lésions cérébrales postérieures, telles que des lésions pariéto-occipitales, qui peuvent entraîner des troubles du champ visuel, de l'attention ou de la reconnaissance visuelle [2]. Les enfants atteints de ces troubles peuvent ne pas se plaindre de leur vision, rendant le diagnostic plus complexe [2].

Repères épidémiologiques

Les troubles neurovisuels chez l'enfant sont fréquents mais souvent sous-diagnostiqués. Selon les études européennes, 5 % des enfants scolarisés présentent un trouble des apprentissages, et parmi ceux-ci, 2 à 3 % pourraient être attribués à des troubles neurovisuels [2]. Ces troubles peuvent être causés par des lésions cérébrales postérieures, qu'elles soient congénitales, périnatales ou acquises au cours de l'enfance [2].

Les troubles neurovisuels peuvent affecter jusqu'à 60 % des patients adultes atteints de lésion cérébrale, mais seule une faible proportion de ces patients reçoit un diagnostic et une prise en charge adaptés [10]. Chez les enfants, les troubles neurovisuels peuvent entraîner des difficultés d'apprentissage, notamment dans le domaine du langage écrit, et peuvent être responsables de retards scolaires [2].

Diagnostic et évaluation

Le diagnostic des troubles neurovisuels chez l'enfant nécessite une évaluation fine et adaptée. Avant de pratiquer un bilan neurovisuel, il est essentiel d'éliminer tout trouble visuel périphérique par des consultations ophtalmologiques et orthoptiques [9]. Le bilan neurovisuel permet d'évaluer les troubles de la cognition visuelle ainsi que les capacités résiduelles du patient afin de mettre en place une rééducation adaptée [9].

Le bilan neurovisuel comprend plusieurs étapes, notamment l'évaluation de l'acuité visuelle, du champ visuel, de l'oculomotricité, de la stratégie visuelle exploratoire, de l'orientation de l'attention dans l'espace, de l'analyse et de la reconnaissance visuelle, de l'attention sélective et de la mémoire visuelle [12]. Une attention particulière doit être portée à l'utilisation des tests psychométriques d'efficience intellectuelle, car les troubles visuo-attentionnels et spatiaux peuvent fausser les résultats [12].

L'imagerie par résonance magnétique (IRM) peut être utilisée pour poser le diagnostic d'atteinte occipitale, même des années après l'installation de la lésion [12]. Les potentiels évoqués visuels (PEV) et l'électroencéphalogramme (EEG) peuvent également être utilisés pour confirmer l'absence d'atteinte pré-chiasmatique [9].

Interventions recommandées

La prise en charge des troubles neurovisuels chez l'enfant nécessite une approche multidisciplinaire. Les interventions recommandées incluent la rééducation visuelle, l'ergothérapie, la psychomotricité et les adaptations pédagogiques [11]. La rééducation visuelle est assurée par des orthoptistes, qui évaluent et traitent les troubles de la fonction visuelle [KG-1]. Les enseignants spécialisés, titulaires du CAPPEI, jouent également un rôle clé dans l'accompagnement des enfants atteints de troubles neurovisuels [KG-2]. Les ergothérapeutes contribuent à l'autonomie et à l'adaptation de l'environnement de l'enfant [KG-3].

Un dépistage précoce des troubles neurovisuels est essentiel pour éviter des errances diagnostiques, thérapeutiques et scolaires. Une batterie de dépistage rapide destinée à évaluer les compétences des enfants de 4 à 6 ans a été mise au point pour dépister les troubles de la cognition visuelle qui pourraient être responsables de troubles des apprentissages à l'école élémentaire [12].

Cadre légal et droits

En France, la prise en charge des troubles neurovisuels chez l'enfant est encadrée par la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH). La MDPH instruit les demandes et notifie les droits ouverts aux familles [7]. Les enfants atteints de troubles neurovisuels peuvent bénéficier d'un projet personnalisé de scolarisation (PPS) ou d'un plan d'accompagnement personnalisé (PAP) pour faciliter leur intégration scolaire [7].

La Caisse Nationale de Solidarité pour l'Autonomie (CNSA) soutient les initiatives visant à améliorer la prise en charge des troubles neurovisuels. L'Inserm a été mandaté par la CNSA pour réaliser une expertise scientifique collective sur la déficience intellectuelle, incluant les troubles neurovisuels [5]. Cette expertise vise à dresser un bilan des données scientifiques dans les domaines de la définition, de l'épidémiologie, de l'évaluation des déficiences et des compétences de la personne, ainsi que de l'accompagnement et du soutien tout au long de la vie [5].

En conclusion, les troubles neurovisuels chez l'enfant nécessitent une évaluation fine et une prise en charge multidisciplinaire. Le dépistage précoce et les interventions adaptées sont essentiels pour améliorer la qualité de vie et les apprentissages des enfants atteints de ces troubles.

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Sources mobilisées (3)