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IDV

Institut pour Déficients Visuels

Cadre clinique

L'Institut pour Déficients Visuels (IDV) s'inscrit dans le champ de la neuro-ophtalmologie, une discipline étudiant les troubles visuels d'origine cérébrale. Ces troubles, souvent méconnus, peuvent affecter l'analyse, la reconnaissance, l'attention et la mémoire visuelles, impactant significativement les apprentissages fondamentaux comme le langage écrit [1] [6].

Les lésions cérébrales postérieures (pariéto-occipitales) peuvent entraîner des troubles neurovisuels même en l'absence d'anomalie oculaire. Ces troubles peuvent être acquis avant la naissance, à la naissance ou dans l'enfance, et sont souvent associés à des événements comme une souffrance néonatale responsable d'hypoxie ou d'anoxie cérébrale [1].

Repères épidémiologiques

Les études européennes estiment que 5 % des enfants scolarisés présentent un trouble des apprentissages. Parmi ceux-ci, 2 à 3 % des enfants de 5 ans pourraient présenter un trouble neurovisuel, c'est-à-dire une difficulté spécifique à explorer, analyser, mémoriser visuellement ou à orienter leur attention dans l'espace [1].

Chez les adultes, 60 % des patients atteints de lésion cérébrale présentent un trouble neurovisuel. Cependant, une faible proportion de ces patients bénéficient d'un diagnostic et d'une prise en charge spécifiques [6].

Diagnostic et évaluation

Le diagnostic des troubles neurovisuels nécessite une évaluation fine et adaptée. Avant de pratiquer un bilan neurovisuel, il est essentiel d'éliminer un trouble visuel périphérique par des consultations ophtalmologiques et orthoptiques pour s'assurer que l'acuité visuelle, la réfraction et l'oculo-motricité sont normales [5].

Le bilan neurovisuel évalue les troubles de la cognition visuelle et les capacités résiduelles du patient. Il permet de mettre en place une rééducation qui s'appuiera sur les afférences préservées pour restaurer la perception visuelle. Ce bilan inclut l'évaluation de la perception et de la discrimination des afférences élémentaires, de la perception et de la discrimination des différentes tonalités spectrales, de la stratégie visuelle exploratoire, de l'analyse, de la reconnaissance et de l'attention visuelles [5].

Un dépistage précoce des troubles neurovisuels s'impose pour éviter des errances diagnostiques, thérapeutiques et scolaires. Une batterie de dépistage des troubles neurovisuels d'origine centrale est proposée à l'ensemble des enfants scolarisés en grande section de maternelle. Les enfants dépistés sont ensuite adressés pour un bilan plus exhaustif neuropsychologique et neurovisuel [9].

Interventions recommandées

La prise en charge des troubles neurovisuels doit être spécifique et précoce. Elle vise à éviter un retentissement de ces troubles sur les apprentissages et à prendre en charge les troubles de manière adaptée. La rééducation s'appuie sur les afférences préservées pour restaurer la perception visuelle [5].

Les actes de dépistage et de bilan neurovisuel sont en cours de validation et de développement. Une version plus élaborée de la batterie de dépistage, comprenant l'évaluation initiale et des tests supplémentaires, est actuellement en cours de validation. Parallèlement, le bilan neurovisuel dans sa version rapide (dépistage) et plus approfondie destiné aux enfants plus âgés (de 6 à 12 ans) est en développement [7].

Cadre légal et droits

Les troubles neurovisuels peuvent être pris en charge dans le cadre de la Prestation de Compensation du Handicap (PCH), qui couvre cinq éléments : aide humaine, aide technique, aménagement du logement ou du véhicule, charges exceptionnelles et aide animale [KG-1].

Les enfants présentant des troubles neurovisuels peuvent bénéficier de l'intervention de professionnels spécialisés comme les enseignants spécialisés titulaires du CAPPEI (Certificat d'Aptitude Professionnelle aux Pratiques de l'Éducation Inclusive) et les services d'éducation spéciale et de soins à domicile (SESSAD) [KG-7] [KG-8].

Les associations de familles concernées par les troubles dys, comme la Fédération Française des DYS, jouent un rôle important dans la représentation et la défense des droits des personnes atteintes de troubles neurovisuels [KG-2].

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Sources mobilisées (6)