Interventions précoces (IP)
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Les interventions précoces (IP) visent à améliorer le développement neurologique des enfants qui sont symptomatiques ou qui sont à haut risque de TND.
En bref
- Cité par : HAS, INSERM
- Attesté par : 1 document (HAS) — niveau de preuve : Avis d'experts
Qu'est-ce que c'est ?
Les interventions précoces (IP) sont des actions mises en place pour améliorer le développement neurologique des enfants qui présentent des symptômes ou qui sont à haut risque de troubles du neurodéveloppement. Ces interventions s'appuient sur le fait qu'une partie importante du développement cérébral dépend des expériences vécues par l'enfant. Elles visent à améliorer la trajectoire développementale de l'enfant en agissant sur différents domaines comme le cognitif, le moteur, la communication, l'émotionnel social et l'adaptatif [1].
Les IP incluent des interventions préventives ou éducatives et des interventions thérapeutiques. Les interventions éducatives ont pour but d'apprendre aux parents les étapes du développement de leur enfant et comment stimuler son développement, de favoriser les liens d'attachement parents-enfant et de reconnaître et appréhender leur stress. Les IP thérapeutiques ont pour but d'entreprendre des prises en charge développementales comme la kinésithérapie ou la psychomotricité [1].
Ce que ça change au quotidien
Les interventions précoces peuvent avoir un impact significatif sur le développement de l'enfant et sur la vie quotidienne de la famille. Elles améliorent les relations parents-enfants, aident les familles à adapter leur comportement en fonction des besoins de leur enfant et réduisent le stress parental. Elles améliorent aussi la trajectoire développementale de l'enfant, essentiellement en cas de retard modéré versus sévère, chez les enfants qui ont un environnement social à risque (milieu socio-économique défavorisé, manque de stimulations familiales appropriées etc.) versus ceux qui ont des risques neurobiologiques (syndromes génétiques, anomalies structurales cérébrales) et chez les enfants à risque de troubles du neurodéveloppement versus ceux qui ont un handicap avéré [1].
Pendant la période préscolaire, les IP ont montré chez l’enfant leur efficacité à améliorer les troubles du neurodéveloppement, à amplifier ses potentialités et à réduire ses troubles émotionnels ou du comportement. Elles fournissent, par ailleurs, un support parental pour une meilleure prise en charge de leur enfant à la maison. Une plus grande implication des parents et de leur enfant pendant l’IP est accompagnée d’une plus grande efficacité [1].
Ce qui peut aider
Si des troubles du neurodéveloppement sont fortement suspectés lors d'une consultation spécialisée en neurodéveloppement, il est nécessaire d'orienter l’enfant dans les meilleurs délais vers des interventions précoces. Le délai attendu entre le repérage d’anomalies du développement et le début des interventions ne doit pas être trop long pour ne pas être préjudiciable au développement de l’enfant. En fonction de l’âge, chez les enfants de moins de 18 mois ce délai ne devrait pas excéder 3 mois et 6 mois au-delà [2].
Il est recommandé chez les enfants à risque de troubles du neurodéveloppement de débuter les interventions précoces à visée préventive dès la période néonatale d’hospitalisation et de les poursuivre lors du retour à domicile afin d’éviter toute rupture de soins. Pendant l’hospitalisation, les programmes de soins de développement, de guidance familiale et de préparation à un retour précoce sont recommandés. Il est aussi recommandé de mettre en place un retour précoce à domicile par l’intermédiaire d’une équipe mobile de soins à domicile des services de néonatologie ou d’un système d’hospitalisation à domicile (HAD) pour l’accompagnement et la guidance familiale [3].
Chez les enfants chez qui des troubles du neurodéveloppement sont confirmés par l’examen clinique et les tests de repérage, il est recommandé de prescrire le plus précocement possible les interventions à visée éducative et rééducative. Il est recommandé que l’enfant soit adressé vers un professionnel paramédical et/ou un psychologue formé au neurodéveloppement pédiatrique [3].
Dans les régions où il existe une plateforme de coordination et d’orientation des troubles du spectre de l'autisme et des troubles du neurodéveloppement, il est recommandé d’orienter les enfants et leur famille vers cette plateforme [3].