Handicap d’origine périnatale
Mis à jour le
Les populations d’enfants considérées comme à haut risque de développer une déficience ou handicap d’origine périnatale sont
En bref
- Attesté par : 1 document (HAS) — niveau de preuve : Avis d'experts
Handicap d’origine périnatale
Définition clinique
Le handicap d’origine périnatale désigne un ensemble de déficiences ou de handicaps survenant chez l’enfant en raison d’événements ou de conditions survenus pendant la période périnatale, c’est-à-dire entre la 22e semaine de gestation et les 7 premiers jours de vie. Ces handicaps peuvent résulter de diverses causes, incluant la prématurité, des accidents neurologiques, des malformations, ou des infections congénitales [1].
Critères diagnostiques
Les populations d’enfants considérées comme à haut risque de développer un handicap d’origine périnatale incluent :
- Les enfants grands prématurés (nés avant 32 semaines d’aménorrhée) [1] [9] ;
- Les enfants nés à terme avec encéphalopathie néonatale ou autre accident neurologique périnatal [1] ;
- Les enfants ayant présenté des pathologies menaçant la vie à proximité de la naissance [1] ;
- Les enfants présentant des lésions cérébrales dépistées en période périnatale [1] ;
- Les enfants présentant des malformations cranio-faciales [1] ;
- Les enfants présentant des ictères sévères [1] ;
- Les enfants présentant des cardiopathies sévères [1].
Les enfants nés modérément prématurés (33-36 semaines de gestation), hypotrophes, jumeaux, ou exposés à des affections materno-fœtales ou des addictions prénatales sont également considérés comme à risque, bien que dans une moindre mesure [1].
Évaluation
L’évaluation des enfants à risque de handicap d’origine périnatale doit prendre en compte les facteurs de risque périnatals, mais aussi les facteurs environnementaux et sociaux, qui peuvent aggraver les troubles du neurodéveloppement. Les vulnérabilités socio-économiques élevées, psycho-affectives, ainsi que le faible niveau scolaire parental constituent des facteurs aggravants [6] [7].
Intervention
La prise en charge des enfants à risque de handicap d’origine périnatale doit être personnalisée en fonction des risques identifiés. Un parcours de soins personnalisé est recommandé, notamment pour les enfants exposés à un cumul de facteurs de risque modérés ou à un facteur de risque familial associé à un facteur de risque modéré [8].
Recommandations officielles
La Haute Autorité de Santé (HAS) recommande une stratification des facteurs de risque en haut risque et risque modéré pour organiser le suivi des enfants. Les facteurs prénatals ou néonatals considérés de haut risque de troubles du neurodéveloppement incluent :
- La grande prématurité (< 32 semaines d’aménorrhée) [9] ;
- Les prématurés < 37 SA avec retard de croissance intra-utérin (RCIU) ou petit poids pour l’âge gestationnel (PAG) < 3e percentile [9] ;
- Une encéphalopathie supposée hypoxo-ischémique ayant une indication d’hypothermie thérapeutique [9] ;
- Un accident vasculaire cérébral (AVC) artériel périnatal [9] ;
- Des antécédents familiaux de troubles du neurodéveloppement sévère au premier degré [9] ;
- Les infections congénitales symptomatiques à cytomégalovirus et autres fœtopathies infectieuses [9] ;
- Les méningo-encéphalites bactériennes et virales herpétiques [9] ;
- Les cardiopathies congénitales complexes opérées [9] ;
- Une exposition prénatale à un toxique majeur [9] ;
- Une chirurgie majeure, prolongée et répétée [9].
Articulation avec autres professionnels
La prise en charge des enfants à risque de handicap d’origine périnatale nécessite une approche pluridisciplinaire. Les professionnels de santé doivent collaborer étroitement pour assurer un suivi personnalisé et adapté aux besoins de l’enfant. Les facteurs de risque socio-économiques et psycho-affectifs doivent être pris en compte dans l’évaluation et la prise en charge [6] [7].