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Propreté nocturne en cours d'acquisition

La plupart des enfants sont propres la nuit, mais l'énurésie reste fréquente.

Propreté nocturne en cours d'acquisition

Qu'est-ce que c'est ?

L'énurésie nocturne désigne l'émission d'urines pendant le sommeil chez les enfants âgés de plus de 5 ans. C'est une des plaintes urologiques les plus fréquentes en pédiatrie et ce n'est pas le signe d'une souffrance psychologique [1]. Il s'agit d'une immaturité fonctionnelle transitoire du système de contrôle urinaire pendant le sommeil ou d'un défaut d'apprentissage des mécanismes de continence [1].

On distingue deux types d'énurésie nocturne :

L'énurésie nocturne primaire est fréquente et varie avec l’âge : à 5 ans, au moins 15% des enfants sont concernés, puis seulement 3 à 5% à 10 ans, et enfin, 1 à 2% à l’adolescence [1]. Elle est deux fois plus fréquente chez les garçons que chez les filles [3].

Plusieurs mécanismes biologiques peuvent être associés à l'énurésie nocturne, comme la production excessive d’urine pendant le sommeil (polyurie nocturne), des anomalies de la fonction vésicale nocturne, ou des troubles de l’éveil et de la régulation du sommeil [3].

Ce que ça change au quotidien

L'énurésie nocturne peut avoir un impact émotionnel sur votre enfant, notamment s'il vit cette situation avec honte, ce qui peut entraîner une anxiété et une baisse de l'estime de soi [6]. Elle peut également affecter la vie familiale et entraîner un évitement social, comme le refus de dormir en dehors du domicile ou de partir en colonie de vacances [6].

Pour minimiser ces impacts, il est important de déculpabiliser l’enfant et les parents et d'éviter la stigmatisation [6]. Vous pouvez préparer le lit en "multi-couche" pour faciliter le changement des draps en cas de nuit mouillée, et préparer un "kit de nuit" près du lit pour éviter l'agitation et les discussions au milieu de la nuit [7].

Ce qui peut aider

La prise en charge de l'énurésie nocturne repose avant tout sur une approche comportementale, progressive et bienveillante [2]. Voici quelques recommandations à suivre pendant au moins 12 semaines :

  1. Expliquer et comprendre : Expliquez à votre enfant que c'est fréquent, involontaire, et que ce n'est ni un problème psychologique, ni un manque de volonté. Son corps fonctionne normalement mais le contrôle de sa vessie pendant la nuit n’est pas encore totalement mature [2].

  2. Analyser la situation : Repérez les facteurs aggravants qui entraînent un cercle d'aggravation [2].

  3. Encourager les bonnes pratiques : Encouragez votre enfant à respecter les horaires réguliers de coucher, à aller aux toilettes avant le coucher, et à diminuer les boissons le soir [5].

  4. Utiliser une alarme d’énurésie : C'est le traitement non médicamenteux de référence. Ce dispositif détecte l’humidité dans les sous-vêtements et apprend à votre enfant à se réveiller en réponse au signal de la vessie [5].

  5. Utiliser un calendrier de participation : Une étoile de participation est ajoutée en cas d’efforts avec les gestes utiles (boire au bon moment, aller aux toilettes, etc.). Montrez qu’il est possible d’apprendre positivement [5].

  6. Prendre en compte les difficultés associées : Il est important de dépister et d’accompagner les troubles du neurodéveloppement ou encore de repérer et traiter les troubles anxieux secondaires à l’énurésie [5].

  7. Rester neutre le matin : Dites à votre enfant "Merci d’avoir rempli ton calendrier." "Tu as fait les gestes utiles hier, c’est ça qui compte." « Ton corps apprend petit à petit » [7].

  8. Revenir aux routines : En cas de rechute, il est indispensable de revenir aux routines pendant 2–4 semaines et bien anticiper les séjours à l’extérieur [7].

Il est conseillé de demander un avis médical si votre enfant présente des symptômes urinaires durant la journée, des infections urinaires répétées, ou une maladie neurologique connue [6]. Un examen par le médecin généraliste ou le pédiatre permet d’identifier les facteurs associés (constipation, trouble du sommeil, trouble du neurodéveloppement) et d’orienter vers un spécialiste si besoin [6].

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Sources mobilisées (2)