Crises non épileptiques psychogènes (CNEP)
Mis à jour le
Diagnostic et prise en charge/orientation des CNEP en cas de doute diagnostique par le niveau 2
En bref
- Attesté par : 1 document (HAS) — niveau de preuve : Avis d'experts
Qu'est-ce que c'est ?
Les crises non épileptiques psychogènes (CNEP) sont des épisodes qui peuvent ressembler à des crises d'épilepsie, mais qui ne sont pas causées par une activité électrique anormale du cerveau. Elles sont liées à des facteurs psychologiques ou émotionnels [KG-1]. Ces crises peuvent être difficiles à distinguer des crises épileptiques, d'où l'importance d'un diagnostic précis.
Le diagnostic des CNEP repose sur une évaluation pluridisciplinaire. En cas de doute diagnostique, une prise en charge par un niveau de spécialisation élevé est recommandée. Cela inclut des enregistrements vidéo-EEG de scalp prolongés, une évaluation neuropsychologique, ainsi qu'une évaluation et prise en charge psychiatrique [1]. Ces examens permettent de différencier les CNEP des crises épileptiques et d'orienter vers une prise en charge adaptée.
Ce que ça change au quotidien
Les CNEP peuvent avoir un impact significatif sur la vie quotidienne de l'enfant et de sa famille. Elles peuvent affecter les plans scolaire, familial, médico-social, professionnel, de la mobilité, des fonctions cognitives, de la sécurité et de la santé mentale [9]. Des adaptations et aménagements peuvent être proposés suite à une évaluation pluriprofessionnelle impliquant des neurologues, psychologues, psychiatres, neuropsychologues, infirmiers, travailleurs sociaux, ergothérapeutes et orthophonistes [7].
Les conséquences des CNEP dépendent de plusieurs facteurs, notamment le type de crises, leur fréquence, les effets secondaires des traitements, les troubles psychiatriques et/ou les troubles du neurodéveloppement associés, ainsi que le contexte socio-professionnel [7]. Il est important de rechercher un trouble du neurodéveloppement lors du diagnostic d'épilepsie et inversement, afin de mettre en place une prise en charge coordonnée [9].
Ce qui peut aider
La prise en charge des CNEP implique une approche pluridisciplinaire. Les professionnels de santé peuvent proposer des explications aux parents pour les rassurer et éviter les représentations erronées [5]. Un neuropédiatre ou un médecin formé à l'épileptologie confirmera ou non le diagnostic et établira un diagnostic syndromique, un diagnostic étiologique, et recherchera l’existence de troubles associés cognitifs et psychiatriques [5].
Les maisons départementales des personnes en situation de handicap (MDPH) jouent un rôle clé dans l'accompagnement des enfants atteints de CNEP. Elles offrent un accueil, une information, une évaluation des situations et des besoins, ainsi que la prise de décisions pour l’attribution des droits par la Commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH) [2]. Elles aident également à repérer et expliquer les retentissements des CNEP et les besoins créés, en collaboration avec les associations d’usagers [2].
En cas de situation très complexe, une évaluation et une orientation sociale peuvent être proposées. Cela inclut l'élaboration d'un parcours personnalisé pour chaque enfant, avec un suivi en psychiatrie et en psychologie clinique [3]. Les centres de lutte contre l'épilepsie (CLE) offrent des prises en charge spécialisées, incluant des bilans médicaux, psychosociaux, et des traitements adaptés [3].
Qui contacter
Pour une prise en charge adaptée des CNEP, il est recommandé de consulter un neurologue spécialisé dans les troubles du neurodéveloppement [KG-4]. Les maisons départementales des personnes en situation de handicap (MDPH) peuvent également fournir un soutien et des orientations spécifiques [2]. Les associations d’usagers, comme la Ligue Française Contre l’Épilepsie, offrent des guides et des ressources pour aider les familles à comprendre et gérer les CNEP [2].