Guidance pour le bredouillement
Conseils pour accompagner un enfant qui bredouille : ne pas interrompre, ralentir son propre debit, ne pas faire repeter, consulter un orthophoniste si persiste.
Comprendre le profil
Le bégaiement est un trouble de la communication qui affecte environ 1% de la population, soit 600 000 personnes en France. Il touche 5% des enfants, avec une prédominance masculine (une fille pour trois garçons). Ce trouble peut apparaître dès 2 ans et demi, souvent vers 3-4 ans, ou à l'entrée en CP, parfois vers 10-11 ans. Dans trois cas sur quatre, il disparaît sans laisser de trace vers 5-6 ans, mais sans intervention, un enfant sur quatre restera bègue [1].
Les manifestations du bégaiement incluent des répétitions fréquentes de syllabes, des blocages sur un mot ou une syllabe, des allongements démesurés de sons, des inhibitions (pause, attitude figée), des mots d'appui sans rapport avec le sens de la phrase, ou un évitement du regard. L'enfant peut montrer des signes de lutte contre les mots, avec des crispations du visage, de la mâchoire, du cou, ou des froncements de sourcils [1].
Adaptations en classe
Pour accompagner un enfant qui bredouille, plusieurs attitudes sont à adopter :
- Éviter toute demande d'effort de parole : Ne pas dire "Arrête de bégayer comme ça !" ou "Redis-moi ça sans bégayer s'il te plaît !". Pas d'appel à la volonté ni à des moqueries [1].
- Adopter une attitude d'interlocuteur actif : Proposer un mot pour le mot qui accroche ou une fin pour sa phrase, poser des questions sur ce que l'enfant veut dire, et parler avec lui de son bégaiement avec tact [1].
- Éviter les attitudes nocives : Ne pas dire "Parle moins vite !", "Calme-toi !", "Prends ton temps !", "Pense à ta phrase !". Ne pas ignorer le bégaiement et faire comme s'il n'existait pas [1].
Accompagnement individualisé
L'accompagnement individualisé peut inclure des séances avec un orthophoniste, qui pourra aider l'enfant et ses parents à adopter des pratiques langagières appropriées, telles que la parole d'accompagnement ou la technique de la lecture d'images. L'orthophoniste peut également initier les parents à parler du bégaiement avec leur enfant et à faire baisser la pression temporelle excessive régnant éventuellement dans la famille [2].
Les parents peuvent être aidés dans l'éviction des attitudes nocives et dans l'adoption de l'attitude de l'interlocuteur actif. Ils peuvent également être initiés à des pratiques langagières telles que la parole d'accompagnement, la technique de la lecture d'images, et apprendre à parler du bégaiement avec leur enfant [2].
Travail avec la famille
Le programme d’accompagnement familial doit s’adapter à chaque famille de façon spécifique. Il est proposé aux parents des entretiens, des séquences d’enregistrement vidéo "d’interactions parents–enfant" commentées, des informations sur le développement du langage et ses troubles, les conditions d’une interaction réussie, etc. L’orthophoniste cherche à aider la famille à observer son enfant, sa façon d’(inter)agir avec lui, réajuster ses attentes et ses comportements de communication, et développer des attitudes positives [3].
Cadre réglementaire scolaire
Les sources disponibles ne précisent pas les dispositifs scolaires applicables pour les enfants qui bredouillent.
Ressources liées
Pour plus d'informations, vous pouvez consulter le site de l'Association Parole-Bégaiement : www.begaiement.org. Vous pouvez également les contacter par téléphone au N°Azur 0 810 800 470 ou par courriel à contact@begaiement.org [2].
En cas de persistance du bégaiement, il est recommandé de consulter un orthophoniste, professionnel de santé spécialisé dans la prévention, l'évaluation et le traitement des troubles du langage [KG-1].