Lecture
Apprentissage de la lecture : décodage (correspondances graphème-phonème), fluence et compréhension écrite. Pilier des apprentissages, fortement impacté par la dyslexie.
Qu'est-ce que la lecture ?
La lecture est un apprentissage complexe qui repose sur plusieurs compétences. Pour lire, l’enfant doit d’abord développer son langage oral en enrichissant son vocabulaire, sa syntaxe et ses connaissances générales. Il doit aussi « retenir » la forme sonore des mots, ce qu’on appelle les représentations phonologiques, une sorte de bibliothèque audio de tous les mots qu’il connaît [9]. La lecture mobilise également le traitement visuel, le traitement auditif, la mémoire et le langage écrit [KG-1] [KG-2] [KG-3] [KG-4].
L’apprentissage de la lecture repose sur deux procédures principales : la procédure sub-lexicale (ou décodage) et la procédure lexicale (ou procédure orthographique). La procédure sub-lexicale s’appuie sur des unités sans signification, comme les syllabes ou les graphèmes (composés d’une seule ou de plusieurs lettres) qui codent les phonèmes. La procédure lexicale, quant à elle, s’appuie sur des unités qui ont un sens : les mots. Le décodage s’automatise progressivement, permettant au lecteur expert d’identifier rapidement des mots qu’il ne connaît pas [3] [4].
L’enseignement systématique des correspondances grapho-phonémiques est particulièrement efficace. Il est plus bénéfique lorsqu’il débute précocement, dès le début du CP. Ce type d’enseignement est aussi particulièrement avantageux pour les enfants à risque de difficultés d’apprentissage de la lecture, que ce soit en raison de la faiblesse de leur langage oral ou de leur milieu socioculturel [1] [5].
Ce que la lecture change au quotidien
La lecture est un pilier des apprentissages scolaires. Elle permet à l’enfant d’accéder à la compréhension écrite, qui doit être égale à sa compréhension orale. Pour y parvenir, l’enfant doit acquérir un haut niveau d’automaticité dans l’identification des mots écrits [3] [4].
L’apprentissage de la lecture se fait en plusieurs étapes. D’abord, l’enfant apprend les bases du décodage : le principe alphabétique, la conscience phonologique, les conversions graphème-phonème et l’assemblage des phonèmes. Ensuite, il enrichit son stock orthographique, c’est-à-dire son répertoire mental contenant les associations de lettres qu’il rencontre souvent et même des mots entiers fréquents. Ce processus permet de libérer ses ressources attentionnelles au service de la compréhension [2] [7].
La lecture est également liée à l’orthographe. L’apprentissage des associations entre phonèmes et graphèmes est très lié à l’apprentissage de la lecture. La rencontre fréquente des mots écrits conduit à deux acquisitions : d’une part, certains mots sont mémorisés et donc récupérables directement ; d’autre part, des régularités « graphotactiques », c’est-à-dire d’associations entre lettres ou graphèmes sont extraites [11].
Ce qui peut aider
Pour aider votre enfant à apprendre à lire, vous pouvez prolonger le temps consacré à l’enseignement du décodage à la maison. Vous pouvez reprendre les leçons de reconnaissance et conversion de graphèmes (lecture) et de phonèmes (transcription). Des applications numériques ludiques sur tablettes et téléphones portables, comme l’application GraphoGame, peuvent également être utilisées en complément de l’enseignement reçu en classe ou du travail fait en rééducation orthophonique [7] [KG-5].
Il est également important de favoriser la lecture à voix haute et de discuter des livres lus. Cela permet de renforcer les compétences de compréhension et de vocabulaire de l’enfant. Vous pouvez aussi encourager votre enfant à lire des livres qui l’intéressent, même s’ils sont en dessous de son niveau de lecture. Cela peut aider à motiver l’enfant et à rendre la lecture plus agréable [2].
En cas de difficultés persistantes, il est recommandé de consulter un professionnel de la santé, comme un orthophoniste, qui pourra évaluer les compétences de votre enfant et proposer un accompagnement adapté.