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Syndrome d'Alcoolisation Fœtale

Le Syndrome d'Alcoolisation Fœtale (SAF) regroupe un ensemble de troubles neurodéveloppementaux causés par l'exposition prénatale à l'alcool. Cause évitable la plus fréquente de TND non génétique.

Syndrome d'Alcoolisation Fœtale

Définition clinique

Le Syndrome d'Alcoolisation Fœtale (SAF) est une entité clinique causée par l'exposition prénatale à l'alcool. Il s'agit de la forme la plus sévère des troubles causés par l'alcoolisation fœtale (TCAF), qui regroupent un continuum de manifestations allant de formes complètes à des formes incomplètes. Le SAF se caractérise par une dysmorphie faciale, un retard de croissance et des troubles du développement neurologique, notamment des difficultés d'apprentissage, des troubles de l'attention, de la mémoire, du raisonnement abstrait, des troubles du calcul, des troubles du langage, une déficience sensorielle, des troubles autistiques, des troubles du comportement et des difficultés d'adaptation sociale [1] [2] [4].

Critères diagnostiques

Le diagnostic du SAF repose sur plusieurs critères cliniques et étiologiques. Selon la Haute Autorité de Santé (HAS), le diagnostic est certain devant l'association spécifique des éléments cliniques et malformatifs du SAF : dysmorphie faciale (obligatoire), malformations viscérales, insuffisance de croissance staturo-pondérale, malformations cérébrales, petit périmètre crânien et microcéphalie. Le diagnostic est probabiliste lorsque ces éléments sont absents ou insuffisants, on parle alors de TCAF non syndromiques ou non spécifiques (TCAF-NS) [4].

Les critères de diagnostic incluent également la présence d'une série complexe d'anomalies comportementales ou cognitives incompatibles avec le niveau de développement et ne pouvant être expliquées uniquement par les antécédents familiaux ou le milieu. Ces anomalies peuvent inclure des difficultés d'apprentissage, un rendement scolaire insuffisant, un mauvais contrôle des impulsions, des problèmes de perception sociale, des déficits dans le langage réceptif et expressif, une capacité réduite d'abstraction ou de métacognition, des difficultés particulières en mathématiques, ou des problèmes de mémoire, d'attention ou de jugement [6].

Évaluation

L'évaluation des enfants suspects de SAF doit être pluridisciplinaire et inclure une enquête clinique et paraclinique approfondie. Les signes d'appel du SAF en âge préscolaire incluent un antécédent d'exposition prénatale à l'alcool, les signes de dysmorphie faciale, le retard de croissance avec microcéphalie, le retard développemental, notamment du langage et de la motricité fine, une mauvaise mémoire à court terme et les difficultés dans les apprentissages. Les manifestations comportementales caractéristiques du SAF peuvent devenir apparentes durant cette phase : l’hyperactivité, le déficit attentionnel, les accès de colère, les difficultés avec les transitions, une attitude démesurément amicale, bavarde et vive [3].

À l’âge scolaire, les signes d’appel des TCAF incluent également un antécédent d’exposition prénatale à l’alcool, les signes de dysmorphie faciale, le retard de croissance avec microcéphalie, des troubles des apprentissages, une pensée abstraite déficiente, une incapacité de prévoir les conséquences de ses gestes, une incapacité de faire des choix, une absence d’aptitude organisationnelles, des troubles de la communication, une absence d’aptitudes sociales à se faire des amis et à les conserver, une insensibilité aux indices sociaux, une utilisation du comportement comme mode de communication, un comportement inadapté, un manque d’inhibition, des difficultés avec les transitions, la planification, un trouble de l’attention et une hyperactivité [5].

Intervention

La prise en charge du SAF nécessite une approche pluridisciplinaire impliquant différents professionnels de santé. Les interventions peuvent inclure des aménagements scolaires, des aménagements de temps pour les examens, et des adaptations des devoirs. Les enfants atteints de SAF peuvent bénéficier de l'accompagnement d'un psychomotricien pour évaluer et rééduquer les troubles de la motricité et de la coordination, et d'un orthophoniste pour évaluer et traiter les troubles du langage et de la communication [KG-3] [KG-4].

Recommandations officielles

Selon les recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS), le message à diffuser reste : pas d’exposition à l’alcool durant la grossesse. Le repérage anté et périnatal de l’alcoolisation fœtale (AF) ne permet pas seulement la prévention et la réduction des risques in utero, il assure aussi l’identification d’enfants vulnérables, susceptibles de développer un TCAF, même en l’absence de SAF à la naissance. Le déterminisme de ce risque est multifactoriel [4] [5].

Articulation avec autres professionnels

Le diagnostic et la prise en charge du SAF impliquent plusieurs professionnels de santé. Le pédiatre et le neuropédiatre jouent un rôle clé dans le diagnostic et le suivi des enfants atteints de SAF. Le neuropsychologue réalise le bilan neuropsychologique pour évaluer les fonctions cognitives et les troubles du comportement. Le pédopsychiatre peut également intervenir dans le diagnostic et la prise en charge des troubles psychiatriques associés. Les Centres d'Action Médico-Sociale Précoce (CAMSP) et les Centres Médico-Psycho-Pédagogiques (CMPP) sont des structures primaires de prise en charge des enfants atteints de SAF [KG-1] [KG-2] [KG-5] [KG-6] [KG-7] [KG-8].

Références

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Sources mobilisées (5)