Pharmacorésistance épileptique
Persistance des crises malgré au moins deux traitements antiépileptiques bien conduits.
Pharmacorésistance épileptique
Définition clinique
La pharmacorésistance épileptique est définie par la persistance des crises épileptiques malgré l'administration d'au moins deux traitements antiépileptiques bien conduits, adaptés au syndrome épileptique du patient et prescrits à des doses efficaces [1].
Critères diagnostiques
Les critères diagnostiques de la pharmacorésistance épileptique incluent :
- La survenue de crises épileptiques malgré l'utilisation de deux traitements antiépileptiques appropriés, administrés à des doses efficaces et bien tolérées.
- Une évaluation syndromique complète pour confirmer le diagnostic et exclure d'autres causes de crises [3].
Évaluation
L'évaluation de la pharmacorésistance épileptique doit être réalisée par une équipe spécialisée et peut inclure :
- Une évaluation syndromique des épilepsies compliquées.
- Des enregistrements vidéo-EEG de scalp prolongés avec surveillance adaptée.
- Une évaluation neuropsychologique pour les situations complexes.
- Une évaluation et prise en charge psychiatrique si nécessaire.
- Une évaluation et orientation sociale en cas de situation très complexe [3].
Intervention
Les interventions pour la prise en charge de la pharmacorésistance épileptique peuvent inclure :
- L'éducation thérapeutique, notamment des programmes d'éducation thérapeutique préchirurgicale.
- L'utilisation de moyens pour le diagnostic étiologique des épilepsies rares (génétiques, biologie, etc.).
- L'indication et le suivi/pose de stimulateurs vagaux.
- La neuro-imagerie adaptée (IRM, PET, SPECT) avec lecteurs entraînés à l’analyse des images en contexte d’épilepsie pharmacorésistante.
- Le management des états de mal épileptique (USI, réanimation).
- Les bilans préchirurgicaux non invasifs.
- L'expertise dans la mise en œuvre d’un régime cétogène.
- Les enregistrements non invasifs et invasifs préchirurgicaux (SEEG et/ou plaques sous-durales).
- La chirurgie de l’épilepsie/neuromodulation.
- Le bilan étiologique génétique [3].
Recommandations officielles
Les recommandations officielles de la HAS pour la prise en charge des enfants avec épilepsie incluent :
- « Élaborer le plan de soins en concertation avec la PAE et ses proches, le communiquer aux professionnels du premier niveau dans les situations simples (2a), veiller à sa mise en œuvre dans les situations complexes (2b). »
- « Suivre l’évolution sous traitement (nombre de crises, effets indésirables). »
- « Organiser des consultations systématiques de suivi auprès d’un spécialiste à des moments clés de l’évolution de l’épilepsie et de la vie de la PAE. »
- « Communiquer à l’enfant et à sa famille des informations concernant l’évolution et le suivi de l’épilepsie (2a et 2b). » [2].
Articulation avec autres professionnels
La prise en charge de la pharmacorésistance épileptique nécessite une approche pluridisciplinaire. Les professionnels impliqués peuvent inclure :
- Les neurologues et épileptologues pour le diagnostic et le traitement.
- Les neuropsychologues pour l'évaluation cognitive.
- Les psychiatres pour la prise en charge des troubles psychiatriques associés.
- Les travailleurs sociaux pour l'orientation sociale.
- Les infirmiers et éducateurs thérapeutiques pour l'éducation thérapeutique.
- Les radiologues et neuropédiatres pour la neuro-imagerie.
- Les chirurgiens pour la chirurgie de l’épilepsie/neuromodulation [3].
Références
Sources mobilisées (1)
- [1] HAS Épilepsie Enfant 2023 — HAS (2023) 📄 (4 extraits)