Serenaid

Paralysie Cerebrale

Mis à jour le

Groupe de troubles permanents du développement du mouvement et de la posture, causés par des lésions cérébrales non progressives survenues avant, pendant ou après la naissance. Première cause de handicap moteur de l'enfant (2-3/1000 naissances). La prise en charge est pluridisciplinaire et au long cours : kinésithérapie, ergothérapie, appareillage, chirurgie orthopédique si nécessaire.

Cadre clinique

La paralysie cérébrale (PC) est définie comme un ensemble de troubles du développement du mouvement et de la posture, responsables de limitations d’activité, causés par des atteintes non progressives survenues lors du développement du cerveau chez le fœtus ou le nourrisson, au niveau du motoneurone supérieur. Ces troubles moteurs sont souvent accompagnés de troubles sensoriels, perceptifs, cognitifs, de la communication et du comportement, d’une épilepsie et de problèmes musculo-squelettiques secondaires [2] [3] [4].

La PC peut se manifester par une hypotonie majeure de la tête, du tronc et des membres, des signes neurologiques à type d’hypertonie, une asymétrie des mouvements, des troubles du maintien postural, des réflexes ostéo-tendineux vifs et diffusés, et une mobilité spontanée faible et mal organisée [6]. Les formes cliniques peuvent varier, allant de tableaux typiques à des formes moins évidentes associant hypotonie, retard des acquisitions motrices, et passivité motrice [6].

Repères épidémiologiques

L'incidence de la paralysie cérébrale est de 2 à 3 pour 1 000 naissances [12]. Elle constitue la cause la plus fréquente d’un handicap moteur pendant l’enfance [12]. Les troubles du neurodéveloppement associés à la PC incluent des difficultés d’apprentissage scolaire, des déficits cognitifs et/ou socio-émotionnels [12].

Diagnostic et évaluation

Le diagnostic de la PC repose sur l'identification des troubles du mouvement et de la posture, ainsi que sur l'évaluation des capacités fonctionnelles des membres affectés. Une évaluation minutieuse de la fonction motrice est primordiale et doit inclure la détermination du niveau global de fonction motrice et le respect des directives établies par la Haute Autorité de santé pour garantir des procédures d’évaluation standardisées [9].

Les signes d’alerte incluent l'hypotonie, les difficultés alimentaires, les troubles du regard, et la lenteur des progrès moteurs. Vers un an, les présentations cliniques peuvent varier, incluant des troubles du maintien postural, des raideurs des membres inférieurs, et une mobilité spontanée faible et mal organisée [6].

Interventions recommandées

Les interventions précoces sont essentielles pour optimiser les compétences motrices et cognitives des enfants atteints de PC. Elles incluent la kinésithérapie et l'ergothérapie, qui visent à initier le mouvement de l’enfant, à pratiquer des tâches spécifiques et à adapter l’environnement pour stimuler ses activités. Les méthodes « Learning Game Curriculum », CIMT (Constraint-Induced Movement Therapy) et GAME (Goal-Directed Training) sont également recommandées [5].

Pour la communication, il est important de favoriser le langage et les interactions parents-enfants, ainsi que l'orthophonie en cas de langage inadéquat [5]. La prévention des morbidités secondaires et la minimisation des complications incluent l'analgésie, la radiographie des hanches, le traitement antiepileptique, l'évaluation ophtalmologique, et l'optimisation nutritionnelle [5].

Les programmes de guidance parentale, tels que Baby Ubuntu, sont également recommandés. Ces programmes en groupe, animés par des pairs et des professionnels formés, mettent l'accent sur l’inclusion communautaire et le soutien entre familles [7].

Cadre légal et droits

La nécessité de soins spécialisés chez les enfants et adolescents âgés de 2 à 18 ans présentant une paralysie cérébrale ou un polyhandicap a abouti à l’intervention de la Haute Autorité de la Santé (HAS) pour intégrer celle-ci dans le code de la sécurité sociale. Les interventions précoces en rééducation doivent commencer dès que les signes cliniques sont objectivement observés par les équipes médicales [9].

Les séances de kinésithérapie peuvent parfois se dérouler sur le temps scolaire pour limiter la fatigue de l'enfant. Ces aménagements doivent être formalisés dans le cadre d'un Projet d'Accueil Individualisé (PAI) ou un Projet Personnalisé de Scolarisation (PPS) [10].

Voir cet article dans l'application →

Sources mobilisées (8)