TDAH : Diagnostic et interventions thérapeutiques auprès des enfants et adolescents
Recommandations de bonne pratique pour le diagnostic du TDAH chez l'enfant et l'adolescent (0-18 ans). Définit les critères diagnostiques (DSM-5-TR, CIM-11), les outils d'évaluation (ADHD-RS, SNAP-IV, Conners, KIDDIE-SADS, échelles de Brown), le parcours diagnostique (entretien clinique, bilans complémentaires), et les interventions thérapeutiques (PEHP, TCC, méthylphénidate). Document de référence pour les médecins spécialisés TDAH de niveau 2.
Qu'est-ce que c'est ?
Le trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) est un trouble du neurodéveloppement qui concerne les enfants et les adultes. En France, 2 millions de personnes (enfants et adultes) sont atteintes de TDAH : 5% concernent les enfants et 2,5 % les adultes [KG-2]. Les personnes concernées peuvent rencontrer des troubles d’inattention, des signes d’hyperactivité et d’impulsivité selon les cas [8]. Ces symptômes peuvent impacter les apprentissages, la scolarisation, la vie sociale et familiale [8].
Les premiers signes surviennent en général avant l’âge de 12 ans [8]. Plus le diagnostic se fait tôt, plus vite la prise en charge de l’enfant est mise en place avec un accompagnement adapté pour l’appuyer dans son quotidien et éviter l’aggravation des conséquences psychologiques, scolaires, familiales et sociales [8].
Critères diagnostiques
Selon la classification du DSM 5, l’évaluation du diagnostic de TDAH chez l’enfant et l’adolescent repose sur la présence de six des neuf symptômes possibles d’inattention (comme ne pas prêter attention aux détails ou être facilement distrait) et/ou six des neuf symptômes possibles d’hyperactivité/impulsivité (comme être « sur la brèche » ou avoir du mal à attendre son tour) [4]. En outre, les symptômes doivent être présents depuis au moins six mois, être présents avant l’âge de 12 ans et ne pas être mieux expliqués par un autre trouble [4]. Pour les adolescents et les adultes plus âgés, le nombre de symptômes requis par catégorie est réduit à cinq sur neuf [4].
Outils d'évaluation
Plusieurs outils d’évaluation peuvent être utilisés pour aider au diagnostic du TDAH. Par exemple, le Conners 3rd edition (Conners 3) est un inventaire multi-sources qui comprend un questionnaire pour le parent, un questionnaire pour l’enseignant et une auto-évaluation (pour l’enfant de 8 ans et plus) [7]. D’autres outils comme le Vanderbilt ADHD Diagnostic Rating Scale, le Swanson, Nolan and Pelham (SNAP) scale, et l’ADHD Rating Scale 5 peuvent également être utilisés [3].
Ce que ça change au quotidien
Les symptômes du TDAH peuvent avoir un impact significatif sur la vie quotidienne de l’enfant ou de l’adolescent. Par exemple, des difficultés à rester concentré ou à mémoriser (oublis réguliers et distraction rapide), des interruptions régulières des activités et celles des autres, des difficultés à réfréner ses envies, ses actions ou ses paroles, et une forte agitation et des difficultés à rester assis ou debout [8].
Ces comportements peuvent altérer de manière durable et significative la qualité de vie de l’enfant ou de l’adolescent dans l’ensemble de ses environnements de vie : famille, scolaire et extra-scolaire, travail [8]. Il est important de consulter un médecin qui pourra examiner la personne concernée et l’orienter si besoin vers un médecin formé au TDAH pour que la personne concernée puisse être diagnostiquée et être prise en charge le cas échéant [8].
Ce qui peut aider
Interventions thérapeutiques
La prise en charge du TDAH peut inclure des interventions non médicamenteuses et, dans certains cas, des traitements médicamenteux. Par exemple, la guidance parentale est la première intervention recommandée pour les enfants d’âge préscolaire avec un TDAH [1]. Cette intervention aide les parents à apprendre les attentes développementales appropriées pour l’âge, les comportements qui renforcent la relation parent-enfant, et les habiletés à gérer les comportements-problèmes [1].
Des prises en charge spécialisées du TDAH existent également pour les enfants de moins de 6 ans. Elles reposent sur des approches non médicamenteuses et peuvent inclure des bilans orthophoniques pour les troubles du langage, des bilans psychomoteurs pour le trouble des coordinations, et des bilans des compétences sociales pour les troubles du spectre autistique [10].
Aménagements scolaires
Des aménagements et un soutien peuvent être proposés par l’école pour les enfants atteints de TDAH. Par exemple, via un projet personnalisé de scolarisation (PPS), du matériel pédagogique adapté, l’aide d’un accompagnant des élèves en situation de handicap (AESH), la mise en place d’un suivi adapté via un plan d’accompagnement personnalisé (PAP) ou un projet personnalisé de réussite éducative (PPRE) avec l’école, des aménagements de l’environnement, et des adaptations pédagogiques [8].
Traitements médicamenteux
En cas de TDAH, avec échec des prises en charge non médicamenteuses ou d’un retentissement d’emblée des symptômes, on peut être amené à proposer un traitement médicamenteux [9]. Par méthylphénidate, cette molécule existe en différentes formes de libération et à différents dosages [9]. Exceptionnellement, et en seconde intention, d’autres médicaments comme la clonidine ou l’atomoxétine peuvent être employés, nécessitant le plus souvent l’avis d’un médecin expert du TDAH [9].
Qui contacter
Pour une prise en charge adaptée, il est recommandé de consulter un médecin formé au TDAH. Vous pouvez
Sources mobilisées (8)
- [1] HAS TDAH Argumentaire 2024 — HAS (2024) 📄 (4 extraits)
- [2] HAS TND Argumentaire 2020 — HAS (2020) 📄 (2 extraits)
- [3] HAS Autisme 2012 — HAS_ANESM (2012) 📄 (1 extrait)
- [4] INSERM TDC 2019 — INSERM (2019) 📄 (1 extrait)
- [5] MPH TDAH — Mon Parcours Handicap (2024) 📄 (1 extrait)
- [6] TDAH : quelle évolution à l’adolescence ? — expert (2024) 📄 (1 extrait)
- [7] TDAH : quand le suspecter ? (6-12 ans) — expert (2024) 📄 (1 extrait)
- [8] TDAH : quand le suspecter ? (avant 6 ans) — expert (2024) 📄 (1 extrait)