Grande prématurité (< 32 SA)
Naissance avant 32 semaines d'aménorrhée. Risque significativement augmenté de TND, notamment troubles moteurs, cognitifs et sensoriels.
Comprendre le profil
La grande prématurité est définie comme une naissance avant 32 semaines d'aménorrhée (SA). Les enfants nés dans ce contexte présentent un risque significativement accru de troubles du neurodéveloppement (TND), notamment des troubles moteurs, cognitifs et sensoriels [1] [2].
En France, le taux de prématurité est estimé à 7,5 % des naissances vivantes, avec des variations régionales. La grande prématurité (28 à 32 SA) concerne environ 0,7 % des nouveau-nés [2]. Les enfants nés grands prématurés ont un risque accru de troubles moteurs, sensoriels ou cognitifs, avec des formes sévères chez 5 % d'entre eux, des atteintes modérées chez 9 % et des formes légères chez 25 % [4].
Adaptations en classe
Les enfants nés grands prématurés peuvent présenter des difficultés variées, notamment des troubles de la coordination, des déficiences visuelles ou auditives, des troubles du langage, des troubles de l'attention et des troubles spécifiques des apprentissages. Les enseignants et les AESH doivent être attentifs à ces besoins spécifiques et adapter leurs pratiques pédagogiques en conséquence [4].
Stratégies pédagogiques
- Troubles moteurs : Les enfants nés avant 33 SA ont un risque accru de troubles moteurs, avec 44,4 % présentant des troubles mineurs ou modérés [4]. Les enseignants doivent prévoir des aménagements pour les activités physiques et les travaux pratiques. Utiliser des supports visuels et des outils adaptés pour faciliter l'écriture et la manipulation d'objets.
- Troubles sensoriels : À 5 ans, 1 % des enfants présentaient une déficience visuelle sévère et 0,5 % une déficience auditive [4]. Adapter l'environnement de classe pour les enfants avec déficience visuelle ou auditive. Utiliser des supports multimédias et des outils technologiques pour faciliter l'accès aux informations.
- Troubles du langage : Les données spécifiques sur les troubles de la communication n’ont pas été identifiées à l’échelle nationale [4]. Encourager la communication orale et écrite, utiliser des supports visuels et des outils de communication alternative si nécessaire.
- Troubles de l'attention : Entre 4,6 % et 8,8 % des enfants nés avant 33 semaines avaient un diagnostic de TDAH ou avaient consulté un psychiatre ou un psychologue à 5 ou 8 ans [4]. Structurer les activités, limiter les distractions et utiliser des outils de gestion du temps pour aider l'enfant à se concentrer.
- Troubles spécifiques des apprentissages : Les tests effectués lors du suivi de cohorte EPIPAGE n’ont pas permis d’évaluer la dyslexie, la dyscalculie ou des fonctions exécutives [4]. Adapter les méthodes d'enseignement pour les mathématiques, la lecture et l'expression écrite. Utiliser des outils spécifiques pour la dyslexie, la dyscalculie et les troubles des fonctions exécutives.
Accompagnement individualisé
L'accompagnement individualisé est essentiel pour les enfants nés grands prématurés. Les enseignants et les AESH doivent travailler en étroite collaboration avec les professionnels de santé et les familles pour mettre en place un projet personnalisé de scolarisation (PPS) ou un plan d'accompagnement personnalisé (PAP).
Rôle de l'AESH
L'AESH joue un rôle clé dans l'accompagnement des enfants nés grands prématurés. Il ou elle peut aider à :
- Faciliter l'intégration de l'enfant dans la classe.
- Adapter les activités et les supports pédagogiques.
- Assurer un suivi individualisé et une médiation entre l'enfant, les enseignants et les autres élèves.
Travail avec la famille
La collaboration avec les familles est cruciale pour le succès de l'accompagnement scolaire. Les enseignants et les AESH doivent :
- Informer les parents sur les besoins spécifiques de leur enfant.
- Encourager la communication entre l'école et la famille.
- Impliquer les parents dans la mise en place et le suivi du PPS ou du PAP.
Cadre réglementaire scolaire
Les enfants nés grands prématurés peuvent bénéficier de différents dispositifs scolaires en fonction de leurs besoins spécifiques. Les sources disponibles ne précisent pas les dispositifs scolaires applicables.
Ressources liées
Les enseignants et les AESH peuvent consulter les recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS) pour le repérage et l'orientation des enfants à risque de troubles du neurodéveloppement. Ces recommandations fournissent des informations détaillées sur les facteurs de risque, les outils de dépistage et les stratégies d'intervention [1] [2] [3] [4].
Sources mobilisées (1)
- [1] HAS TND Argumentaire 2020 — HAS (2020) 📄 (4 extraits)